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 [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten

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Durzog
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MessageSujet: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Dim 26 Juin - 20:09

Gram était stabilisée. Cette cité prenait forme tout comme son armée. Plusieurs milliers de soldats nous avaient rejoints, et la formation se poursuivait dans le Hall de la Guerre. Equipements complets d’acier, entraînement au combat, dressage de loups, aucun aspect de la future guerre à venir ne m’avait échappé. Néanmoins, pour assurer nos défenses au sud, j’étais parvenu à conclure une alliance avec le chef des hommes des Landes d’Etten, qui à l’occasion m’avait octroyé une bourse de deux mille pièces d’or. Celle-ci, ainsi que quelques autres pièces dont je disposais, serviraient à payer mon nouveau projet : la construction d’un important bastion de la résistance humaine au sud de Gram. Au cœur des Landes d’Etten vivaient ces sauvages et il était temps de leur offrir un endroit où prospérer afin qu’ils puissent se rendre utiles le jour venu. De même, les rendre dépendants et garder un contrôle permanent sur eux me permettrait plus facilement d’annexer entièrement ce pays.

Alors que je songeais à mes plans dans la salle du trône en compagnie de Vorg, mon stratège, un soldat vint nous interrompre.

« Durzog, Créateur, j’veux pas vous déranger, v’savez, mais les guerriers sont prêts ! » dit-il.
« Bien, fais passer le message que tous doivent se réunir devant la grande portée, devant Gram. Dégage de là, maintenant. » répondis-je.

Il s’exécuta et partit avertir ses camarades. Un millier de soldats seraient dépêchés dans les Landes pour construire ce refuge : le Fort d’Etten. Les plans étaient tous prêts, de même qu’une grande partie des matériaux nécessaires qui avaient déjà été acheminés jusqu’au pied de la montagne. De même, les hommes des Landes avaient été avertis de ce projet quelques jours avant et l’emplacement exact leur avait été indiqué. Ainsi, mes éclaireurs avaient pu me rapporter qu’un important regroupement d’hommes avait commencé à nettoyer la zone de toutes les créatures. J’avais également pris soin lors de notre première rencontre, d’avertir le chef des hommes qu’il lui faudrait rapidement rallier d’autres humains à sa cause, sans quoi cette alliance n’avait pas d’avenir. Je fournissais la création et la gestion d’un grand royaume, mais il devait fournir sa part de soldats en cas de problèmes. Il était également naturel que l’argent émanant de ce refuge me revenait.

« Bon, on y va ? » demanda Vorg.
« Ouais, c’est bon. En route. Je te laisse t’occuper de tous les plans, oublie rien. » répondis-je.

Une fois arrivé dehors, suivi de près par Vorg et deux semi-trolls qui assuraient ma protection, tous les soldats se retournèrent vers moi, essayant tant bien que mal de respecter la formation prévue. Ils essayaient, c’était déjà ça de gagné. Brandissant une fois de plus la Créatrice en l’air, tous crièrent, hurlèrent et tapèrent contre leur bouclier pour faire le plus de bruit possible. J’aimais ce spectacle, cette démonstration de force. Dès que le long bâton fut abaissé, tous cessèrent.

« Aujourd’hui, nous marchons sur les Landes. Aujourd’hui, vous honorez la parole de votre chef. Allez bâtir, allez construire, allez miner, et dans quelques mois, soldats, vous boirez du sang de ces foutus nains ! En marche ! Vermine ! »

La légion se mit en marche. Six cent fantassins, quatre cent archers, une vingtaine de maîtres de discipline et une vingtaine de semi-trolls, voilà la force déployée pour construire et protéger cette cité. Toutefois, le but de tout ça n’était pas seulement de construire quelques édifices, il était bien plus important, bien plus grand. Il s’agissait-là du premier grand déplacement d’une légion gobeline depuis bien longtemps. Plus de mille soldats, c’est une armée imposante. En direction du sud, elle ferait trembler les hommes qui oseraient s’aventurer jusqu’aux frontières des Landes. C’était l’opération qui ferait de moi un chef capable de mener ses légions au combat, qui ferait de moi le gobelin le plus respecté des Monts Brumeux. Suite à cela, l’annexion de Gundabad ne serait alors plus qu’une étape, tout comme celle des Landes ou encore de l’Angmar. Si cette cité sortait du sol, l’expansion gobeline n’aurait alors plus de limite et bientôt les peuples libres craindraient le fait de s’opposer à nous. Et sur ces pensées réconfortantes, le voyage toucha à sa fin.

« Vorg, réunis les maîtres de discipline. Qu’ils soient mis au courant de l’existence de ces plans, et qu’ils en prennent connaissance. Ils dirigeront cette construction en collaboration avec les hommes des Landes. Compris ? » demandai-je à mon acolyte.
« Oui, Durzog. »

Aussitôt arrivé, tous les soldats préparèrent quelque chose qui ressemblait vaguement à un camp. En fait, il s’agissait plutôt du déploiement de la fortune personnelle de chaque gobelin en termes de campement. Chacun prenait sa place pour dormir, dépliant ses couvertures s’il en possédait, ou bien tentant de faire une tente avec du bois et du tissu. C’était là l’avantage d’une armée de gobelins, ils n’attendaient aucun confort et ne craignaient pas de dormir sur le sol. Avec des patrouilles constantes au sud, à l’est et à l’ouest, la zone était sécurisée et prête pour le début de la construction. Cette construction commencerait dès le lendemain.

Plus tard dans la nuit, le chef des hommes vint me rejoindre, pour discuter de la construction et des projets que j’avais. Il savait qu’il serait le premier à en bénéficier, et j’avais besoin du savoir-faire de ses hommes en matière de construction pour réaliser une forteresse assez solide pour encaisser les coups venant du sud.

« Bienvenue. C’est donc la deuxième fois que nous nous voyons, mais j’ignore toujours ton nom, chef des hommes. Nous avons beaucoup de choses à nous dire, et je suis persuadé que tu aimerais voir les plans que nous avons faits pour votre cité. Par où commençons-nous ? » demandai-je en souriant au chef des hommes d’Etten.



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Elrond Peredhel
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Mar 28 Juin - 0:21

À la guerre, les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Avec ce précepte, Hartor avait gagné le conseil à sa cause et obtenu le vote de ses alliés. Scellant alors son alliance avec l'orque, il espérait, à terme, parvenir à asseoir sa position dans le Nord en matant les résistances au Sud. C'est pourquoi ne fallait pas voir dans le geste d'Hartor la trace d'une gratitude exagérée. L'orque avait certes sauvé un membre de sa famille d'une mort atroce, mais ça n'est pas en tirant la pitié que se gagnent les guerres. Car après tout, n'avait-il pas sauvé ce cousin à des fins purement politiques, pour s'attirer la bienveillance du clan des hommes ? Qui croirait qu'un orque aurait un jour sauvé quelqu'un sans y trouver son intérêt immédiat ? Aussi cette alliance qui le liait à présent à la vermine des Monts Brumeux était-elle d'abord destinée à satisfaire les intérêts stratégiques de son clan, et surtout son propre appétit de puissance. Qu'importent les motifs des orques, si leurs fins concordent aux nôtres ? Il n'y a plus de loyauté en ce monde, et il faut aller là où l'occasion nous porte ! Après tout, ces bêtes n'étaient pas plus féroces que les hommes du Rhudaur qui leur résistent. L'essentiel était de s'établir ici au sud, dans l'acier et la pierre, afin que cette enclave devienne comme une écharde douloureuse dans la peau de l'Arnor. On verrait bien ce qu'on ferait de l'orque ensuite. Pour l'heure, compte tenu de sa position et de ses troupes, il paraissait évident qu'il valait mieux s'en faire un allié qu'un rival... Une forteresse et un trône, cela ne se refuse guère, même de parole d'orque... mais qu'est-ce qu'un pacte scellé dans la chair quand le sang se glace avant que de toucher le sol ?

La première réaction d'Hartor en rencontrant le lieutenant de Gram fut de le dévisager. La situation, il faut le dire, était pour le moins cocasse. Dans les hauteurs désolées du Nord, il n'avait point coutume de rencontrer la moindre hospitalité. Point de bienséance, point de loi, point de droit sinon celui de la guerre et du sang. Cela faisait longtemps déjà qu'on ne régnait plus par la légitimité mais par la ruse et par la force. Pour mener il fallait s'imposer violemment. Alors on distillait la peur dans le coeur de ses vassaux, et c'était là la meilleure façon de les retenir à son service. Quiconque défiait l'autorité de la force devait en répondre par elle, et si le déserteur n'avait point les moyens de s'imposer à son tour, rien ne le prévenait plus de se voir la tête hideusement tranchée. Plongé depuis toujours dans ce monde de barbarie, entendre une formule de politesse, qui plus est de la bouche d'un orque fit doucement grincer Hartor. C'était la première fois qu'il voyait un orque sourire.

*Alors comme ça il y reste un petit peu de joie dans le coeur de ces chiens galeux. La peste m'emporte ! Ils ne sont pas si différents que les pires d'entre nous ! * pensa-t-il en son fort intérieur.

Il s'avança devant la bête en la fixant dans les yeux.

"Mon nom est Hartor, fils de Bartor, le pourfendeur de Gobelins..."

Il déclara le titre de son père sur un ton de défi, dissimulant à peine la jubilation qu'il avait à le mentionner. Malgré son évidente maladresse, cette provocation était nécessaire aux yeux d'Hartor pour affirmer sa position. En effet, mettre des forces en commun est une chose, s'en laisser conter en est une autre, et Hartor entendait bien imprimer à cette "collaboration'' pour le moins contre-nature la marque de son propre tempérament. Cette disposition était, pensait-il, d'autant plus nécessaire qu'il ne savait pas encore quoi penser de cet orque, de ce Durzog qui inspirait à la fois la peur et le respect. Ce qu'il lui proposait était un marché des plus alléchants... un peu trop même. Quelques heures plus tôt, Hartor avait médité ses termes en pesant le pour et le contre. Il avait reconsidéré son choix. Bien entendu, il n'était point question de rompre l'alliance, d'autant que son vote lui avait coûté l'inimitié de certains de ses lieutenants qui ne comprenaient pas son choix. En vérité, lors de ses réflexions, il n'avait rien trouvé à redire du point de vue de son intérêt. Toutefois, il était frappé par un étrange pressentiment. En fait, il trouvait que l'orque était étonnamment bien disposé à son égard. Dans le creux de son coeur sec, Hartor suspectait un piège, une fourberie, ou bien peut-être n'avait-il pas assez bien mesuré ce que le chef du mont Gram attendait de lui, tout hâtif qu'il était de disposer rapidement d'un fort et de faire mordre la poussière aux hommes de l'Arnor ?
Un orque poli est chose rare, et un orque poli et honnête l'est encore plus.

L'inquiétude se lisait sur son visage. Fermé, la voix dure, il observa son interlocuteur et répondit à son invitation :

Vous proposez de me montrer vos plans, Durzog. Ça serait une bien bonne idée pour que les travaux commencent au plus vite. Cette forteresse doit s'élever rapidement du sol, si nous voulons avoir une chance de surprendre nos ennemis. Mais avant même de discuter des fondations et des travaux, je dois savoir ce que vous projetez de faire de moi. Pour qu'un orque établisse un homme roi du Nord, son pouvoir doit s'étendre bien au-delà des frontières de cet homme, sur l'Angmar, l'Arnor, l'Eriador même ? Cela fait de moi un roi régnant sur des morts et des peuples qui me haïssent, et de vous, un seigneur à qui je devrai allégeance. Mais à quelles conditions un roi doit-il servir un orque, et comment l'orque s'y prend-il pour faire son vassal roi et prendre l'Eriador, voilà qui m'intéresse plus encore. Parlons de vos plans, oui, mais commençons par ceux de votre guerre. Ensuite nous verrons pour la pierre".
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Mar 28 Juin - 1:50

Réunis en plein air, sous un ciel sombre cachant une lune déjà bien faible dans ce pays malsain, nous allions enfin pouvoir entamer de plus amples discussions à propos de cette jeune alliance. Nous n’avions, en effet, pas eu le temps d’en discuter plus en détail lors de notre première rencontre qui fut riche en émotions et en tensions. Par ailleurs, ce pacte avait été formé suite à l’usage des bons mots formulés lors de ma demande. Bien entendu, la parole d’un homme valait bien plus que celle d’un orc, mais il ne fallait pas trop s’y fier. Ces humains sont corruptibles et faibles lorsqu’il s’agit de sentiments. Toutefois, ceux-ci m’étaient nécessaires, et leur soutien m’était précieux. Alors que des centaines de soldats gobelins se dépêchaient de réunir tous les matériaux nécessaires au début des constructions au centre d’un endroit délimité par les maîtres de discipline comme le chantier, je songeais encore à mes plans de destruction et de contrôle. Valait-il mieux envahir ou détruire ? La destruction était plus simple, plus rapide, mais l’occupation permettait d’avancer au cœur des territoires ennemis et de fortifier ses positions en assurant la sécurité de Gram. C’était là un dilemme que j’avais depuis plusieurs semaines, et il me rendait incapable de prendre une décision quant à ma stratégie militaire. Et lorsque l’homme, le chef de ceux venant des Landes, me répondit, toutes ces pensées s’estompèrent pour laisser placer à ma concentration habituelle. J’avais depuis longtemps abandonné ma folie passée, tout comme j’avais perfectionné mon art de la communication. Il ne fut pas rare, à l’époque, qu’on rigole de ces mots qu’il m’arrivait d’employer et dont une majorité de gobelins ignoraient l’existence même, mais tout cela cessa lorsqu’ils comprirent à quel point cet art pouvait être utile. Pour ramener la grandeur passée du mal, pour ramener à la vie la grandeur des gobelins, il me fallait plus de soldats, plus d’hommes, plus de cités. Les choix n’étaient pas infinis. Pour arriver à un tel résultat en si peu de temps, il me fallait former un royaume solide constitué de l’unification des trois royaumes gobelins ainsi que des sauvages du nord. Grâce à cela, et motivés par un objectif commun dont tous obtiendraient un part des bénéfices, nous ne pouvions qu’aboutir à un succès écrasant. Enfin, c’est ce que je pensais, jusqu’à ce que les premiers soldats ralliés à ma cause ne remettent immédiatement en question cette même alliance après sa formation. L’arrogance de l’homme était notable, visible, et probablement même volontairement exagérée. J’avais cette voix au fond de moi, un vestige du passé, en quelque sorte. Souvent, lorsque j’échouais, ou lorsque je ne parvenais pas au résultat escompté, elle revenait me hanter et faisait rejaillir des instincts plus primaires, caractéristiques des orcs. Aussitôt qu’il annonça son titre avec fierté et excitation, tout en me fixant dans les yeux, ma réponse fut instantanée :

« Crois-moi, j’ai tué plus d’orcs qu’aucun de tes ancêtres n’en a jamais vus. » répondis-je avec ma voix grave et orquine, comme si elle sortait directement de la terre.

Toutefois, on ne pouvait sentir aucune amertume, aucune colère dans cette phrase, il ne s’agissait que d’une réponse à l’excès de confiance de l’homme, d’Hartor. Aussitôt il continua, exprimant ses souhaits quant à ce projet, et plus important, me questionnant à propos de mes projets militaires. Je n’avais aucun souvenir d’avoir parlé d’un éventuel accès au trône pour ce Hartor lors de notre première rencontre, pourtant il semblait y faire référence. Peut-être, toutefois, était ma mémoire d’orc qui me jouait des tours. Lorsqu’il eut terminé, sa dernière phrase concerna le chantier dont il souhaitait discuter après tout cela. Cela ne me dérangeait pas, au contraire, et la raison en était simple.

« Ne vous en faites pas pour les plans et la construction, Hartor, cette cité sera bâtie avec ou sans vous. Mais je vous y verrais à sa tête avec grand plaisir. »

Les tensions s’apaisaient désormais, et je sentais qu’il s’agissait du moment de répondre à sa question. Ces gens-là avaient le sang chaud, tout comme les gobelins, et c’est pour cela qu’aucune entente n’avait eu lieu par le passé. Toutefois, à l’heure actuel, ces hommes étaient éparpillés et en bien mauvaise posture, incapables de survivre en dehors des frontières des Landes, et difficilement en mesure de prospérer à l’intérieur de ces mêmes frontières. Cette terre était un fléau pour tout le monde et il était quasiment impossible d’y cultiver quoique ce soit. Bien que cela ne nous concerne pas, cela m’aurait plu de pouvoir offrir à ces hommes des terres pour cultiver, élever, forger ou que sais-je. C’est pour cette raison que la cité se trouverait presque à la bordure sud des Landes d’Etten, se dressant à la limite des terres empoisonnées et des terres fertiles. En se développant sur quelques miles au sud, il leur serait alors possible de trouver des terres pour faire tout cela. Ne vous laissez toutefois pas convaincre par un excès de gentillesse de la part d’un orc, non. Cette cité était en plein milieu d’une terre nauséabonde et abandonnée, où nul arbre ne saurait pousser et où les seuls animaux fournissant de la viande vous voyaient vous-même comme un repas. A quelques miles de là, toutefois, il était possible de retrouver de la verdure et probablement qu’avec un peu de travail, il serait possible de cultiver fruits et légumes. Ce terrain était un avantage considérable pour moi. Le temps de cette région, le faible soleil, la terre putride, la roche et le relief vif, il possédait tout ce dont j’avais besoin, sans compter les menaces naturelles auxquelles des soldats du sud devraient faire face pour parvenir jusque-là. Une terre parfaite.

« Bien, alors… Comme tu le demandes.. » dis-je en changeant à nouveau du vouvoiement au tutoiement, car cela dépendait de mon humeur plus que d’une réelle marque de respect. « … parlons de la guerre. Longtemps les orcs ont été repoussés depuis la chute de notre maître à tous. Longtemps nous avons souffert et nous avons dû nous retrancher dans nos cavernes que nous avons réussi à maintenir malgré les assauts répétés. Il y a plusieurs mois, je suis arrivé à Gram et j’ai stoppé la folie de ceux qui se battaient pour le trône. Tous, à Gundabad, ainsi qu’à Gobelinville, connaissent mon nom. Ce n’est qu’une question de temps avant que je ne fasse la même chose dans ces trous à rats, que ce soit par la force ou par la diplomatie, comme je l’ai fait avec vous. Lorsque cela sera fait, Hartor, tout pourra commencer, et il vaudra mieux pour vous que vous soyez prêts. Nous allons descendre au sud, monter à l’est et attaquer tous ceux qui se dressent contre nous. Hommes, nains et elfes, nous les exterminerons depuis les montagnes. L’ère des orcs revient, chef des hommes, l’ère des orcs revient. Bientôt, grâce aux forges de Gram, nos armures seront faites d’acier de bonne qualité. Bientôt, grâce à l’entraînement, nos soldats rivaliseront avec les hommes en duel. Ce fort n’est qu’une étape, vous n’êtes qu’une étape, je ne suis qu’une étape, car tout ça s’achèvera dans très longtemps.. et nous ne serons plus là pour le voir. » dis-je en marquant finalement une pause.

Après avoir détourné le regard de l’homme pour jeter un coup d’œil à l’avancement des préparatifs, je tournai à nouveau mon regard vers Hartor, le fixant toujours dans les yeux comme il l’avait fait dès le départ.

« Tu veux savoir ton rôle, Hartor ? Je tiens parole, toujours, alors écoute-moi. Je vous offre aujourd’hui cette cité, le Fort d’Etten, pour que vous vous y développiez. Si vous acceptez cela, vous en serez nommé Seigneur, mais une légion gobeline sera présente de manière permanente à vos côtés, car ce fort se trouve au front. La suite ? C’est simple. Ralliez des hommes à votre cause, peu importe d’où ils viennent, et marchez sur l’Arnor. Chaque conquête que vous ferez vous appartiendra. Quant à votre règne, si vous en arrivez là… il s’agira d’unifier et de diriger tous les mercenaires, tous les bandits et tous les meurtriers qui errent en Arnor, à commencer par ceux qui se trouvent près d’ici. J’ai eu vent d’une guilde, quelque chose d’un peu spécial... ils se nomment l’Ordre de Taren et j’ai déjà eu à les rencontrer lorsque je suis allé en reconnaissance au nord de Fornost. Ce sont d’anciens soldats du Rhudaur qui partagent nos intérêts. Lorsque l’heure sera venue, vous entrerez en contact avec eux, et si vous vous montrez persuasif, ils vous suivront. Quant à l’Angmar, mes soldats sont déjà en route pour rallier ces hommes à notre cause. Qu’en dites-vous, Hartor ? Le monde est plein de haine, alors ne vous inquiétez pas de ce qui arrivera plus tard, occupez-vous de songer à comment survivre. Vous ne pourrez pas rester ici pour toujours. »

Suite à ça, l’un des maîtres de discipline chargé de l’organisation des préparatifs vint à ma rencontre. Faisant alors patienter le chef des hommes pendant une courte minute, le maître m’indiqua que tout était prêt pour la journée de demain. La première étape sera la construction du fort principal, grande forteresse pouvant abriter une bonne centaine de villageois et de soldats, le tout entouré d’une muraille épaisse à l’intérieur de laquelle pourrait se développer quelques maisons ou commerces divers afin de faire naître une économie basique. L’essentiel de la ville serait alors à l’extérieur, sous forme de maisons rudimentaires pour cinq à dix personnes. La quasi-totalité des hommes vivant dans cette ville seraient des soldats, alors ce système permettrait d’agrandir la zone de surveillance couverte par le Fort d’Etten en disséminant les maisons un peu partout dans un large rayon autour de la ville principale. Peu de ressources pour construire le fort et les remparts, peu de ressources pour construire les maisons, le tout en très peu de temps pour un maximum d’efficacité et de rendement. Voilà comment nous comptions nous y prendre. Toutefois, l’aide des hommes serait nécessaire à la construction d’une telle fortification centrale en pierre.


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Elrond Peredhel
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Jeu 30 Juin - 22:27

MJ

La réponse de Durzog, l'orque de Gram, avait allumé dans les yeux d'Hartor les flammes de l'envie et l'appétit de conquête. Il détestait plus que tout les vaillants hommes de l'Arnor et s'était appliqué, sa vie durant, à rendre leurs garnisons toujours plus clairsemées, et leurs routes, dangereuses. Aussi était-il bien rassuré d'apprendre quel serait son rôle dans les plans de l'orque. Décidément, l'optique de s'installer dans le nord, retranché dans une forteresse modeste mais solide, qu'il aurait du reste tout le loisir d'étendre et de consolider par la suite, dans le seul but de rallier à lui les peuplades éparses des landes et de semer la désolation dans les terres du sud le séduisait profondément. Cependant, cet enthousiasme fut presque éteint dans son élan. Durzog avait en effet pris soin de préciser à l'instant que cette cité pourrait se faire sans l'appui d'Hartor, ce qui était une façon de le rabaisser en soulignant qu'il n'était qu'un pion dans le jeu de l'orque. Cette pensée fit froid dans le dos au chef des hommes. Elle lui déplaisait d'autant plus que, par son goût immodéré de la gloire et de l'honneur, il répugnait à se représenter comme le vassal ou le bras armé d'un chef de guerre plus haut placé, d'une autre race que la sienne, et qui plus est, un orque. L'homme était donc partagé : d'une part son instinct de domination était attisé par les propos de l'orque, et de l'autre, il était rabroué, frustré, transi. Ce dernier sentiment fut renforcé lorsque Durzog avoua qu'un contingent de gobelins crasseux et hurlant camperait en permanence ici. Hartor le savait : la cohabitation avec ces créatures malfaisantes et ses propres hommes serait pour le moins difficile, sans compter que cela lui liait les mains. Comment dispose-t-on de ses biens, de ses murs et de son pain quand une patrouille vous garde toujours à l'oeil. Cette occupation multipliait les occasions de se faire épier. Il devrait rendre des comptes. Il commanderait sans gouverner, et ce serait Durzog qui, finalement, tirerait tous les fils.

Hartor observa son interlocuteur comme s'il venait de prendre un coup sur la tête, hébété. C'était un homme plus brutal que vraiment intelligent, et cette disposition l'avait conduit à toujours se méfier des personnes avec qui il échangeait. Pour l'heure, par lâcheté, et pour gagner du temps, il choisit de refouler ses réflexions en ne retenant que la bonne part des propos de Durzog. Il se racla la gorge, cracha à terre et gronda dans la nuit :

"Rallier tous les barbares qui courent ces terres sans autre but que la rapine et la dévastation sera l'oeuvre d'un jour, et nous vivrons bien assez longtemps pour le voir, orque ! Vois-tu, à la différence de tes congénères de Gundabad, les rôdeurs, la vermine et les brigands du Nord, aussi dispersés qu'ils soient, partagent au moins trois choses : la haine de l'Arnor, l'amour des richesses et la soumission au plus fort. Être le plus fort, ce n'est pas seulement régner sur les corps par la hache et l'épée. Comprends-tu cela ? C'est aussi régner dans les coeurs, par la superstition et la peur ! Quiconque sait manier ces trois éléments peut rapidement rassembler une armée d'hommes tous plus assoiffés de sang et de meurtres ! J'ai les moyens de souscrire à ta requête..."

D'un geste habile, Hartor sortit de sa manche une longue dague d'acier sombre dont le manche ancien ressemblait à s'y méprendre à un énorme croc de loup.

"Voici ma couronne !" s'exclama l'homme dans un rire bref et sombre. "C'est Tranche, une arme forgée, dit-on, par les Nains de jadis, à l'aide d'un croc de loup-garou. On dit que ce poignard date de l'époque où ces bêtes rodaient dans les montagnes et les palais du Nord, docilement couchées au pied du trône d'Angband. Je ne la tiens pas de mon père, mais des vols que j'ai perpétrés. On dit que le détenteur de cette dague a le pouvoir de soumettre par la peur les hommes de faible volonté à son autorité. En tout cas, c'est un des rares artefacts à conférer une légitimité politique et militaire dans ces sales régions où les légendes font forte impression et où l'on craint toujours les loups-garous. Dès que je l'ai obtenue m'a, c'est indéniable, bien aidé pour m'imposer parmi mes rivaux, et c'est d'abord elle qui a contraint mes lieutenants à me suivre dans mon pacte avec toi l'orque. Je n'ai jamais réussi à en obtenir grand chose de plus, car je n'ai ni les moyens ni les armées de mes ambitions, mais il ne fait aucun doute que, maintenant que je dispose en droit d'un fort et de tes troupes, je saurai rallier en son nom des centaines et des centaines de bandits. Il me faudra de l'or aussi. Avec tout ça, je t'apporterai toutes les troupes que tu veux, et peut-être plus encore".


Hartor tourna le dos à son interlocuteur et s'éloigna de lui, dans l'ombre. Il regardait au dessus de lui, l'air pensif, les bras croisés dans le dos ; la lame empoignée dans sa main droite comme une espèce d'avertissement. Il reprit d'un air grave.

"J'irai peut-être voir les seigneurs de l'Ordre dont tu me parles... peut-être aussi n'irais-je pas. J'en déciderai moi-même, comme de tout le reste ici.

Il se retourna et planta son regard dans celui de Durzog comme on plonge un poignard en plein coeur.

"Je te suis gré de m'offrir tout cela, vraiment, c'est charitable, orque. Mais si tu le fais, c'est que tu as au moins autant besoin de moi que j'ai besoin de toi. On ne cède pas de forteresses à ses anciens ennemis pour leurs beaux yeux, hein ? Tu veux des armées à ta solde ? Tu les auras. Tu veux rallier à tes tambours tout ce qui rampe et tout ce qui tue à cent lieues d'ici, tu le feras, ou du moins, moi, je le ferai ! Mais je ne te suivrai pas pour faire advenir le temps de ta race. Du moins ne le ferais-je pas sans en tirer un avantage maximum. Tu veux que tes congénères écrasent un jour l'Eriador ? Tu veux oeuvrer à l'instauration du joug des orques ? Tu veux que les siècles à venir soient ceux de ta progéniture ? Très bien ! Je t'y aiderai, à condition que moi, dans le temps de ma vie, je puisse jouir de l'or, des femmes et du pouvoir. Je me fiche bien de ce qui adviendra après moi. Je veux régner, et je veux régner seul. Je t'échange mes armées contre mon indépendance. Et je ne te le proposerai qu'une seule fois : point de garnison d'orques sous mes murs, ni de compte à rendre au moindre de tes sous-fifres. De plus, j'exige la suzeraineté pleine, entière et absolue sur toutes les terres que je conquerrai. Gundabad, Gram, Goblinville devront me laisser en paix moi, mes hommes et mon royaume. Je te verserai, en compensation, une partie de mes butins. Disons, 30%. De la sorte, je ne serai pas ton vassal mais ton allié. On traitera d'égal à égal, comme deux frères, deux frères de sang ! Laisse-moi suzerain ici, et je bâtirai un royaume de fer ! Alors, les forces des montagnes et des landes s'uniront contre l'Arnor, et ce sera la fin de cette race !"


Dernière édition par Elrond Peredhel le Mer 6 Juil - 15:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Sam 2 Juil - 10:31

L’homme était fort en affaires. Qui l’eut cru, un tel barbare, aussi doué avec les négociations. Enfin, ce n’était pas ce qui m’inquiétait actuellement, car nous avions tous deux mieux à faire. Il fallait construire cette cité et rassembler nos forces, ce qui serait plus compliqué pour l’homme, soit dit en passant. Hartor était fort, physiquement et à priori mentalement. En revanche, pour le moment, ce n’était absolument pas le cas de son armée et il m’était impossible de laisser une cité à seulement quelques miles de Gram sans défenses correctes. Le Fort d’Etten serait le premier et dernier rempart contre les hommes du sud, c’est là que devaient être placées toutes nos troupes. C’était le front, le lieu du combat, de tous les combats. Le dirigeant des Landes ne cessa pas de parler, et je le laissai continuer, acquiesçant lorsqu’il laissait entendre avoir les moyens de répondre à mes requêtes, et grognant lorsqu’il tentait de négocier les termes de mon contrat. Le passage sur la dague faite d’un croc de loup-garou fut toutefois fortement intéressant, ayant toujours entendu ces curieux légendes parmi le peuple gobelin. Il ne faisait nul doute qu’un tel artefact saurait rallier quelques hommes avides de batailles sous notre bannière, enfin, celle de Hartor. Et une fois qu’il termina de parler, après sa dernière et dérangeante intervention, les mots que j’avais préparés depuis qu’il avait commencé à ouvrir la bouche devaient absolument sortir de la mienne.

« Hartor… Je ne te cède pas une forteresse, je te donne les moyens d’en avoir une. Même s’il devait n’y avoir aucune alliance entre nos peuples, je le ferais quand même. Tu luttes contre les hommes du sud, et du coup, tu m’aides, que tu le veuilles ou non. Peu importe ce que tu feras, tu m’aideras, d’une manière ou d’une autre. Et tu peux voir ce que je ferai comme de l’aide aussi. En revanche, nous ne sommes pas des ennemis. Je couperais volontiers la tête du roi de Gundabad pour récupérer son trône et ses armées, mais suis-je son ennemi ? Non. Je me fous des querelles qu’il y a eu par le passé, nous n’avons jamais livré de réelle bataille, et nous ne sommes donc pas ennemis. Aucun de nos peuples n’a eu les moyens de livrer une bataille depuis la chute de notre maître, mais les temps ont changé. Les gobelins sont finalement assez nombreux pour lever des armées, des légions, et bientôt vous le serez aussi. Alors, comme nous allons nous aider quoiqu’il arrive, pourquoi es-tu si opposé à ce que je propose ? Ce n’est pas le temps de ma race qui viendra, non. Nous ne pouvons pas vivre dans les plaines comme le font les hommes, c’est beaucoup trop exposé. Mais comme tu insistes, je te le dis : j’espérais que tu puisses devenir le représentant du mal, de nos idées, là où moi je ne peux pas l’être. Nul ne régnera seul, et surtout pas moi. Sans alliances, personne ne gagnera. Tu régneras aux côtés d’autres grands seigneurs, et ne te laisse pas aveugler par quoique ce soit, car il y en aura beaucoup, dont moi. Cela dit… » dis-je en soufflant un grand coup. « Je comprends ton sentiment envers les orques, homme. Cela a été dur de convaincre une de mes légions d’avoir à venir ici pour aider tes hommes à construire une cité, à obéir à leurs ordres et à suivre leurs conseils. Et cela a été encore plus dur de les convaincre de rester une fois le Fort d’Etten construit, aux côtés de tes hommes pour en assurer la sécurité. Je ne laisserai pas cette cité sans défenses, Hartor. C’est impossible. En revanche, … j’accepterai de rappeler cette légion si tu disposes d’assez d’hommes pour défendre le fort. Et par cela, j’entends que tous les revenus de cette cité devront être utilisés à des fins militaires. Mille soldats seraient le strict minimum, je pense. Tous te laisseront en paix si tu es capable de rallier suffisamment d’hommes. Quant aux gains, nous en discuterons plus tard, ce n’est pas ce qui importe. Tu disposeras d’autant d’or et de femmes que tu le souhaites, Hartor, sois-en sûr. »

Finissant sur cette phrase qui marquerait probablement l’esprit de l’homme, j’ignorais quelle serait sa réaction. Nous en revenions toujours au même point, mais ici, peut-être comprendrait-il que sans hommes, il ne pourrait défendre cette cité dont l’emplacement était plus important que tout.


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Elrond Peredhel
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Mer 6 Juil - 17:09

MJ

Hartor avait écouté l'orque avec délectation. Il pouvait dire qu'il était à peu près convaincu, car il voyait mieux à présent quel rôle Durzog lui attribuait "concrètement". En vérité, Hartor abominait les spéculations infinies et les bons sentiments. Il avait la conviction que tous les hommes, du plus petit brigand au plus riche des rois du Nord, étaient faits de la même fibre, de la même chair, et qu'il suffisait d'appuyer ça et là sur les bons nerfs pour produire les effets escomptés. Tous les hommes aiment le sang, pour peu qu'ils soient à même de le verser, tous les hommes cherchent l'argent, la gloire, le plaisir et surtout, le pouvoir, pour peu, une fois encore, qu'on leur laisse les mains libres. Les bonnes moeurs étaient à ses yeux comme une camisole apposée sur la gueule bavante d'un loup : quelque chose de contre nature et de terriblement frustrant qu'on désire déchirer d'un grand coup de mâchoire dès l'instant qu'on tente de nous l'appliquer. Pour cela, le mieux est encore de mordre la main qui nous la tend. Cette main, c'était l'Arnor, et Hartor rêvait de la broyer sous la pression de ses crocs. C'est pourquoi il fit un grand sourire lorsque Durzog lui donna la réponse qu'il attendait en soufflant. Il fut même stupéfait qu'il lui accorde le retrait des gobelins, une fois la garnison bien remplie et les derniers murs édifiés. Ainsi donc l'orque révélait l'étendue de ses talents de maître stratège. Il avait une vision très réaliste des rapports de force, mais plus encore, une espèce de logique implacable qui faisaient s'allier, autour de motifs communs, des peuples qui aux premiers abords auraient pu passer pour des ennemis. Hartor aimait cette façon de coaliser les forces en présence autour d'une haine commune. Il aimait cette façon de faire concorder les intérêts partisans, sans rien céder de son intérêt propre, voyant même dans la réalisation de l'intérêt d'autrui l'accroissement du sien, pour peu que cet intérêt se soldait par la mort et la dévastation de peuple que les orques et les hommes du Nord détestaient d'une égale façon. À coup sûr, Durzog disposait, lui, de cette intelligence politique qui lui avait toujours fait défaut pour véritablement s'imposer. Cette intelligence qui calcule, qui planifie, qui sait se retenir pour toujours frapper fort, au bon endroit et au bon moment. Fort, oui ! car si Durzog avait la ruse, et il avait aussi la force. ses armées étaient sur le pied de guerre. Hartor ne pouvait pas refuser le soutien d'un allié à la fois si malin et si déterminé. C'était là une occasion absolument merveilleuse et sans doute unique d'en finir, une bonne fois pour toutes, avec cette vermine d'arnorien et de s'imposer durablement. Il cracha de nouveau sur le sol et leva haut son poing, la dague fermement enserrée dans ses doigts puissants. Il gronda alors, comme à son habitude.

"Va pour tout, orque ! Tes conditions sont les miennes, j'aime ta manière de réfléchir, et je ne peux pas refuser un partenariat que tu as raison de présenter comme étant nécessaire... Toi et moi nous allons verser le sang des chiens du sud et nous tailler un empire dans le roc usé de l'Arnor. Dès aujourd'hui, j'en fais le serment, la première pierre de notre entente sera posée. Rien ne pourra nous résister. Je serai Hartor, le Fléau de l'Arnor, et toi mon ami... tu seras Durzog, la Terreur du Nord. Oui ! Tel sera ton nom, tel sera, du moins, celui que mes hommes te donneront, et celui aussi que prononceront tous ceux qui refuseront de se rallier à nos côtés, avant que le fer leur passe au travers de la gorge. Gloire à Hartor ! Gloire à Durzog, la Terreur du Nord, que toutes les tribus au Nord reconnaitront bientôt comme leur meilleur allié et leur arme la plus sûre ! Je m'engage à ce que mes hommes t'obéissent comme on le doit à un général, bien que je garde, bien sûr, le commandement suprême de mes troupes. Tu auras toutefois droit de vie et de mort sur eux, tout comme moi ! Ils te seront fidèles, car tu es l'allié du détenteur de Tranche le Croc de loup ! Nous régnerons par la peur Durzog, la peur et la violence ! Et rien ne nous résistera. Gloire à Hartor ! Gloire à Durzog".

L'homme sortit de sa ceinture une fiole remplie d'une liqueur extrêmement forte, il la bu d'un coup et la lança à l'orque pour qu'il la termine.

"Tiens, bois ça, l'amitié s'arrose !"

Il fit un pas sur le côté, observa ses pieds quelques instants et reprit :

"Bon. Comme je l'ai dit, il faut commencer maintenant. Je pense qu'on pourra facilement convoyer la pierre pour les murs et le reste depuis le Mont Gram. J'ai cru comprendre que tes gobelins s'en étaient déjà pas mal chargés. Comme tu le sais, je n'ai pas encore assez d'hommes pour t'en apporter moi-même, mais je vais me débrouiller pour trouver de l'argent. Je multiplierai les rapines sur les routes, et je ferai des ponctions sur les revenus des pillages que font mes hommes. Ils râleront, mais ça sera l'occasion de faire des exemples et de leur montrer qu'on ne solde pas une forteresse pour quelques couinements ! Je crois que le mieux serait de fonder la forteresse sur la rive nord de Fondgrise, à une courte distance du Mont Gram. De cette façon, nous contrôlerons toutes les landes et le fleuve ! Nous pourrons donc rapidement nous déplacer pour attaquer le Rhudaur et nous replier tout aussi vite. C'est idéal pour lancer une guerre d'usure dans le sud. Le Fort servira d'avant-poste à ta montagne pendant la guerre, et le Mont Gram sera pour nous une base arrière solide d'où pourront transiter les renforts. Si on contrôle la voie navale, tu pourras toi aussi lancer des raids avec tes gobelins depuis notre port. Qu'en penses-tu, Terreur ?''

Hartor considéra son interlocuteur avec curiosité, attendant sa réponse impatiemment.
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Jeu 21 Juil - 19:55

D’un coup, je vidai la fiole envoyée par Hartor. Même si nous n’avions pas pour coutume de boire - et cela dû au manque de boisson -, nous aimions tout ce qui était à base d’alcool. La fiole tomba ensuite à terre, se brisant sur un caillou qui se trouvait là. Hartor venait d’imposer ses conditions, et j’avais accepté d’y répondre en y posant mes conditions, basées sur la sécurité. Il sembla tout à coup heureux, non, il sembla motivé et déterminé à entreprendre ce long voyage que serait la conquête de l’arnor.

« Terreur du Nord… J’aime bien ce nom. » dis-je à voix basse lorsqu’il prononça ce titre.

Par la suite, il eut une excellente idée concernant la construction d’un port. J’y avais déjà songé mais l’art gobelin en matière de construction navale n’était pas parmi les meilleurs, pour ne pas dire le pire. Toutefois, si les hommes disposaient d’un tel talent, ce serait là une effrayante occasion de surprendre nos ennemis. Un port signifiait également une brèche dans la sécurité de la cité, point non négligeable pour moi. Cette citadelle, ce fort, devrait tenir face à tous les assauts, il devrait tenir plusieurs années pour permettre aux hommes de se développer. J’imaginais, et je voyais beaucoup plus loin que mon règne. J’agissais pour la soumission totale des peuples libres, pour la destruction totale de leurs terres ainsi que pour l’anéantissement total de toute lueur d’espoir chez les hommes. J’espérais initier cela mais je n’étais pas stupide : une vie ne suffirait pas. Ce fort, le Fort d’Etten, devrait persister plusieurs dizaines, plusieurs centaines d’années, si bien que lorsque l’ère des orcs arrivera à nouveau, il en serait l’édifice majeur, la pièce maîtresse, le symbole de terreur. Un port était peut-être une mauvaise idée, en fin de compte. En avions-nous besoin ? Pouvions-nous vraiment prendre le risque d’un tel investissement ? Je n’avais nullement l’intention de parvenir jusqu’à Tharbad durant les prochaines années. Par ailleurs, leur flotte anéantirait la nôtre en quelques heures seulement. Non, c’était une mauvaise idée.

« Hartor, Fléau de l’Arnor, nous nous en tiendrons à la construction du fort, comme prévu. Nous n’avons ni le temps, ni l’argent pour la construction d’un port et d’une flotte. Nous pourrons le construire plus tard, lorsque nous aurons le contrôle du nord. Fornost, Amon Sul, Annuminas, Bree, toutes ces villes doivent être broyées, brûlées, écrasées. » dis-je alors qu’on pouvait sentir la colère monter au fond de mes yeux, sans aucune raison apparente.

A nouveau, elle revenait. La folie que j’avais abandonnée après être parti à la poursuite d’artefacts légendaires il y a de cela six ans, elle revenait. A croire qu’on ne pouvait pas s’en défaire… Lorsqu’un de mes soldats, un grand maître de discipline, vint me voir pour m’annoncer l’avancement du chantier, il s’arrêta net après avoir croisé mon regard.

« Dégage, toi ! Va chercher les plans ! » lui ordonnai-je.

Comme à bout de souffle, mon énergie épuisée depuis l’intérieur, je me calmai pour reprendre la discussion avec Hartor.

« Désolé. Ca arrive, parfois. Je crois qu’un port serait une erreur, ce serait une porte d’entrée pour l’ennemi. Pour l’instant, on a besoin de tes hommes pour diriger les miens. On parle de construire un fort, et on a de la main d’œuvre orc. Sans tes hommes, ce fort ne sortira pas du sol. J’utiliserai le savoir de tes hommes pour permettre à ce chantier d’avancer sans problème, quant à toi, tu devrais commencer à songer à comment réunir de nouveaux guerriers. Sans une garnison suffisamment solide, cette cité ne te sera que partiellement acquise, Fléau d’Arnor. »

Le maître de discipline revint seulement quelques secondes plus tard, ayant couru à travers ce terrain rocailleux pour réunir les plans et les ramener au plus vite.

« Tenez, Créateur. » dit-il en s’excusant pour une quelque chose qu’il ignorait, de toute évidence.
« Merci, maître. Tu peux retourner travailler. » dis-je en esquissant un grand sourire presque malsain. « Quant aux plans, Hartor, les voici. Si tu regardes bien, il s’agit d’une muraille carrée dont les côtés font environ deux cent mètres. De grandes tours sont disposées à chaque coin, et d’autres tours sont disposées entre celles-ci. Au total, on a une muraille de huit cent mètres de long, dont la hauteur serait d’une dizaine de mètres et permettant de faire circuler hommes et engins de siège dans la mesure du possible. Etant donné nos ressources, cela me semble largement envisageable et il s’agit là de quelque chose d’assez petit si l’on compare à d’autres cités humaines. Il y aura donc huit tours qui s’élèveront à quinze mètres de haut. Au sein de cette muraille, et c’est là la force de cette cité, on ne trouvera qu’équipements militaires et soldats. Un grand château sera érigé au centre des murailles, permettant d’abriter plusieurs centaines de soldats ou de villageois en cas d’urgence. Le reste sera un sol de terre et des casernes, échoppes militaires ou autres constructions vitales à la guerre. Cela devrait être assez rapide de bâtir tout cela, mais en parallèle, nous devrons également fonder la cité extérieure. Afin de s’assurer une expansion progresse, nous jouerons au même jeu que les hommes de l’ouest. Vous pourrez cultiver et élever dans la mesure du possible à l’extérieur des murs, c’est là que vivront ceux qui ne font pas partie de ton armée. Des dizaines et des dizaines de maisons éparpillées vers le sud dans un rayon de deux miles. Les tours et le château permettront d’abriter des observatoires qui en cas d’attaque feront retentir un cor, signalant aux villageois de venir s’abriter au château. Là, ils pourront également prendre les armes si nécessaire. C’est la meilleure solution, je pense. Quant à la position du fort, il serait bon de le construire peu avant la limite des landes, de manière à ce que les tiens puissent cultiver et élever à leur guise. La fleuve à l’est sera mis sous surveillance, et si on subit un assaut de ce côté-là, ils seront pris de toutes parts. Dans les landes, nul ne pourra nous abattre, crois-moi. »



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Elrond Peredhel
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MessageSujet: Re: [Construction 2 & Grade 2] Le Fort d'Etten   Ven 5 Aoû - 18:44

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Hartor avait de nouveau craché sur le sol avec un air de défi. Il avait écouté son allié disserter sur l'inutilité du port avec un mépris non dissimulé, quoique silencieusement. Il n'avait rien dit, et il prolongea son silence bien après la fin du discours de l'orque. Sans doute imaginait-il faire preuve d'une finesse toute diplomatique en sous-entendant lourdement son désaccord. À ses yeux, le port était important. À plus d'un titre. Il observa son interlocuteur avec dépit, fit un pas de côté et articula avec lenteur :

"Je crois que tu sous-estimes nos forces ainsi que la nature de cette guerre, orque. Ton fort sera rasé jusqu'à la dernière pierre quoiqu'il arrive si une guerre ouverte se déclenche entre nous et les royaumes des hommes. Les landes ne peuvent pas assumer de conflit direct, mais l'Arnor ne le peut pas non plus. Pas tout de suite du moins, car c'est une terre déchirée par les intrigues et la peur. Il nous faudrait frapper vite fort pour déclencher la guerre, et ça n'est pas ce que nous voulons. Nous n'en avons pas les moyens non plus ! Nous voulons privilégier des escarmouches violentes et répétées, qui les affaibliront à petit feu. Il faudra faire couler le sang, mais aussi isoler le royaume. Si les eaux des fleuves deviennent peu sûres, le commerce fluvial d'Arnor ralentira, les hommes perdront leurs anciens pactes et ils seront de fait isolés. Ils craindront de remonter les courants, et ils ne nous attaqueront pas par là. Il auront bien d'autres chats à fouetter avec tes orques qui grouillent dans les montagnes et les misères que je leur prépare. Et nous, nous pourrions ainsi leur dérober du fer et du bois pour les forges, construire des ateliers et des écuries. Il faudra bien nourrir et loger les chevaux que nous leur volerons, sans compter les brigands qui se réuniront à notre compte. Va pour un port qui ne sera pas intégré à la forteresse, si tu crains pour ses défenses, mais j'exige qu'on en construise un très prochainement, peut-être à la racine des montagnes. Nous aurons ainsi plusieurs places fortes dans la région, et autant de moyens de pressions sur le Sud. Je n'insisterai pas, mais prends la peine d'y penser l'orque. Tu n'es pas le seul, ici, à faire marcher ta cervelle. ".

Alors que Hartor finissait sa réponse, Durzog s'était assis, visiblement éreinté. Il avait attiré l'attention de l'homme sur la principale urgence, la raison d'être de leur discussion : recruter des hommes pour fortifier le coin, et faire profiter les orques de leur savoir-faire. Cette nécessité n'avait pas quitté son coeur. Il y pensait, il savait quoi faire. Il écouta avec attention les précisions que l'orque lui fit ensuite, à mesure qu'il explicitait les propriétés de la forteresse. Entendre parler de roc et d'acier, de tours et de murs froids comme la mort fit jaillir dans l'oeil d'Hartor une joie secrète, un désir de sang et de meurtre. Il suffisait de s'imaginer son fort, dominant les landes, et tous les pillages et les richesses qu'une telle forteresse lui assurerait. Cette vision l'enchanta. Il fut prit d'un enthousiasme rare, presque furieux. Il sortit la dague qu'il avait livré plus tôt au regard de l'orque, et la planta dans le sol avec violence. Il la retira d'un geste sec, pointa la lame en direction de son interlocuteur et dit d'une traite

"Va pour la limite des landes et la position. Va pour les fermes aux alentours, et pour quelques avants-postes aussi, que nos hommes puissent se restaurer et lancer des raides depuis les extrémités de notre prochain royaume. De la bière et du fer, c'est tout ce qu'il nous faut. Je m'en vais de ce pas prévenir les miens. Leurs hommes se tiendront à ta disposition à la prochaine aube, quant à moi j'ai fort à faire dans le nord, car il me faut recruter de nouveaux larrons, ça et me renseigner auprès de ta guilde aussi. Adieu l'orque, je reviendrai vite avec des bras pour le chantier et des épées pour la guerre. Que ta vermine se tienne prête, car elle suera eau et sang. Ce fort s'élèvera vite. Bientôt, je siégerai sur un trône haha ! et toi, tu terroriseras l'Arnor !"

Hartor cracha de nouveau à terre et rit d'un rire rauque et grossier. Il rengaina sa lame, fit quelques pas et s'immobilisa. Il se retourna un peu et cria par dessus son épaule :

"Une dernière chose : il faudra convenir promptement des blasons de ce fort, que nos hommes et tes orques sachent sous quelle bannière ils se battent, et que nos ennemis apprennent vite à trembler devant elle. Je te propose d'imaginer un poignard blanc et aigu en forme de croc sur un fond noir, comme la nuit. Dans l'ombre, ces couards du sud ne verront que des couteaux tirés s'approchant inexorablement d'eux, assoiffés de mort et de désolation. Les hommes craignent plus les poignards que les épées, car ils frappent dans le dos ou en plein coeur, et cela quand on s'y attend le moins. Réfléchis donc, et adieu Orque !"

Il se tut et s'éclipsa dans la nuit.

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