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[Flashback][Nour] Le soleil se lève.
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▌FT. : Khan des Variags
▌INSCRIT LE : 24/06/2016
▌VOTRE AGE : 29
▌GROUPE : Numénoréen

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PO: 13.370 PO
Localisation: Ammu Khand
Troupes armées:
Kherû
Il ne touchait même plus le sol. Derrière lui, le corps sans vie de Bekter était foulé au pied, la plèbe le piétinant sans même y penser alors que les gardes Ukeshji, l’élite de l’armée du Khan, portaient leur souverain en triomphe.

Il ne touchait toujours pas le sol alors que la foule quittait les arènes en direction du centre de la ville et du palais. Son palais. Alors que l’euphorie de la victoire le submergé, il posait pour la première fois le regard sur cette cité où il avait vu le jour.
Ses yeux s’arrêtèrent sur ces pierres dont il n’avait aucun souvenir, ayant fui la ville dans les bras de sa mère près de quatre décennies plus tôt. Fontaines et jardins étaient florissants et les rues étaient propres.
De larges fresques étaient peintes sur presque tous les murs décrivant des scènes de guerre ou de fête mais Kherû avait la vue cachée par la foule. Ses soldats étaient obligés de faire des pieds et des mains pour ouvrir un passage à travers la populace venu voir de ses yeux ce conquérant dont ils avaient tellement entendu parler.

Si bien qu’il fallut plusieurs heures pour atteindre le palais. Les Ukeshji se mirent en position au pied du seul pont permettant de traversée les larges douves qui protéger la demeure royale.

« Posez-moi ! Je veux sentir ce sol sous mes pas. »

Aussitôt il put enfin mettre pied à terre. Les soldats qui n’était pas occuper à tenir le pont face à la plèbe en délire lui firent une haie d’honneur et c’est d’un pas mesuré qu’il franchit l’ouvrage jusqu’à l’escalier menant au palais lui-même. Il y avait encore du sang sur la pierre. Les troupes du Numénoréen avaient franchi les portes 2 jours plus tôt mais il avait refusé de prendre officiellement possession du palais avant que Bekter ne soit mort. Les combats avec les fidèles du Khan déchu n’étaient pas encore tout à fait terminés mais l’essentiel de la ville était désormais sienne.

Lorsque Kherû franchit la porte, un grand nombre d’esclaves était à genoux, reconnaissant dans ce geste de soumission leur nouveau maître. Il y avait là également des représentants de la noblesse venu faire allégeance.

Il serait toujours temps plus tard de faire éliminer les familles qui se contentait de suivre le sens du vent. Le Khan comptait bien purger son domaine de ses luttes intestines… Et de tous ceux qui les avaient provoquées.

Il resta un long moment ainsi, se nourrissant de la vision de ces visages tourné face contre le sol, sentant le pouvoir qui émanait de ce lieu d’où avaient été prises les plus grandes décisions, bonne ou mauvaise, de l’histoire du peuple Variags. Son pouvoir, désormais.
Puis une jeune femme attira son regard. Une large estafilade marquée sa joue et d’autres traces de combats étaient visible sur ses bras nus. Il s’approcha d’elle.

« D’où viennent ces blessures ? » Sa voix était presque douce malgré sa puissance et elle se répandit en écho dans le hall aux nombreuses colonnes couvertes de feuille d’or. Elle ne répondit pas, n’osant pas même lever les yeux vers cet homme plus grand que tous ceux présents et dont l’être irradié l’autorité. Aussi ce fut l’homme juste à côté d’elle qui prit la parole.

« Naïa à tuer elle-même le garde du corps de Bekter, mon Khan. Lorsque la rumeur est venue nous annoncer votre venue, elle a aussitôt crié le nom d’Eruhîn avant de s’en prendre au soldat. C’est grâce à elle que nous avons pu capturer l’usurpateur. »

Alors tous retinrent leur souffle, voyant Kherû mettre genoux à terre. Il passa sa main sous le menton de la jeune femme et la força à le regarder droit dans les yeux. Il y lut une vénération fanatique, de celles qu’il avait volontairement semées en 20 ans de conquête.

« Alors Naïa n’est plus une esclave. Tu seras la première de mes Mashyai. Tu recevras l’instruction de mes meilleurs maîtres d’armes et tu devras ensuite toi-même l’enseigner à toutes celles qui demanderont à servir le Khanat par les armes. Eruhîn sait reconnaître la valeur d’une guerrière, quelle que soit son extraction. Es-tu d’accord, Naïa ? »

Elle ne put dire un mot. Aussi, elle porta le poing à son cœur et baissa les yeux en signe de loyauté et d’acceptation.
Alors le souverain se releva et continua de sa voix puissante.

« Et il en est de même pour tous. Quiconque ici s’est battu pour moi n’est plus un esclave mais un guerrier du peuple Variag. Quiconque s’est cacher dans l’attente d’un autre maître trouvera en moi ce nouveau maître. La liberté et la gloire ne sont jamais offertes, elles se doivent d’être conquises au prix du sang. »

Et sans un regard de plus, il s’enfonça vers les profondeurs du palais.
Une semaine plus tard la situation s’était apaisée dans toute la ville. Il y avait eu des combats pendant plusieurs jours encore mais les derniers fidèles du Khan déchu était mort ou entré en clandestinité.

Kherû n’était pas sorti du palais depuis, se contentant d’apparition sur l’un des balcons de ses appartements. Il n’était pas rester inactif pour autant, s’occupant de reprendre en main le Khanat qui n’avait connu que déchirure et conflit interne depuis près de 4 décennies. Les places fortes du pays étaient déjà aux mains de ses fidèles mais il lui fallait désormais assemblée une cour, un noyau de noblesse qui permettrait d’administré le territoire, des gens compétents mais suffisamment loyaux pour ne pas lui planter de couteau dans le dos.

Autant dire qu’il avait ordonné plusieurs « disparitions » au cours de ce laps de temps. Pas par gaieté de cœur, il était de ceux qui aiment tuer leurs ennemis face à face. Mais la nécessitée est souvent mère des décisions pragmatiques.

« Et ce Fatih ? C’est bien lui qui a dirigé l’assaut contre la porte pour nous permettre de prendre la ville ? »

« Absolument mon Khan. C’est le maître Archiviste de la cité. Il est sage et érudit. »

« Et le sang de Numénor coule dans ses veines. Il sera un conseiller parfait. Et un administrateur efficace en mon absence. Sa dévotion mérite pareille récompense. »

Il savait que cela ferait grincer des dents. Plusieurs personnes parmi ses fidèles de la première heure auraient voulu ce poste. Les plus fiables, il leurs avaient déjà confié des territoires. Les restants n’avaient pas les compétences requises.

Et Kherû ne détestait rien de plus que les parvenus qui possédait un poste et le prestige afférant sans être capable de tenir leurs devoirs.
C’est ainsi que les Héraults du Khan furent envoyer partout en ville, annonçant que le souverain proclamerait bientôt la composition du nouveau gouvernement. A cette occasion, Ammu Khand connaitrait 3 jours et 3 nuits de festivités afin de tournée définitivement la page de la guerre civile.
Il y aurait également un grand tournoi dans les arènes, ouvert à tous et utilisant la règle du premier sang. Depuis longtemps les Variags avaient compris que voir mourir leurs meilleurs enfants dans des combats spectacles n’était pas la meilleure chose. Aussi ils avaient pris pour habitude de bannir les combats à mort, sauf dans les cas de duel d’honneur.

Une semaine plus tard, la fête commençait par une immense parade militaire ou Eruhîn défila, assis sur un trône d’or porté par sa garde. Puis il prit place dans l’arène et y resta la journée entière, observant les combattants qui joutait en suivant différent scénario, chacun pour soi ou en équipe. Les plus forts, il fit écrire leurs noms sur un parchemin en vue de leur proposer d’intégré les Ukeshji.

Le soir, il regagna le palais dont les accès étaient cette fois grand ouvert. Plusieurs banquets auraient lieu, dont un donné dans la plus vaste des salles pour tous les pauvres et les affamés de la ville, qui étaient nombreux après des années de conflit.
Mais dans les salles supérieures, tous les Variags de haut rang avait été convié. Un autre jeu de pouvoir débuter ce soir. Le plus cruel et le plus impitoyable de tous.
Pour l’heure, Kherû chercher Fatih. Il voulait proposer le rôle de conseiller au vieil homme, véritablement désireux de mettre son érudition à contribution. Il s’approcha de lui et le salua en portant le poing à son cœur, à la façon des Variag.

« Je suis heureux de vous voir ici, Fatih. Justement il est un sujet dont nous devons parler. Mais avant tout, voici je suppose vos fils… » Son regard passa rapidement sur les jeunes hommes accompagnant l’archiviste mais ses yeux se stoppèrent ensuite sur une magnifique femme dont il soutint le regard. « Ainsi que votre fille… » Et un sourire narquois mais charmeur naquit sur ses lèvres.
Mar 25 Sep - 22:54
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▌INSCRIT LE : 10/08/2018
▌VOTRE AGE : 19
▌GROUPE : Variag
Nour
L'eau coulait sur la peau dorée et satinée de la jeune femme, chassant la poussière, la crasse et le sang qui s'y étaient collés avec la sueur qui la recouvrait. Les yeux clos elle profitait de la caresse de l'ondée chaude qu'elle faisait couler sur elle, laissant son corps se détendre et profiter de l'instant. Nour avait passé les derniers jours avec ses frères à arpenter les moindres ruelles de la capitale, traquant sans pitié la moindre ombre des opposants au tout nouveau Khan. Grignotant, plus que mangeant, sur le pouce, ne dormant que d'un oeil guère plus que qu'une paire d'heures d'affilé. L'heure n'était pas encore à la célébration de la victoire, il avait encore de gros détails à régler avant. Et passer le balais derrière la porte en faisait parti. Les mains, déjà bien rouges, de la jeune femme s'étaient teintent dans des nuances plus sombres. Il avait fallu quelques jours pour que la situation se stabilise, s'il restait des fidèles vivants de Bekter ils devaient faire les morts justement…

La Variag achèvait de verser le contenue du baquet d'eau en cuivre sur son visage, la tête penchée en arrière pour profiter des ultimes gouttes qui tombaient sur son front et ses joues, alors que sa longue chevelure d'ébène pendait dans son dos, dégoulinante d'eau. Elle avait l'impression de renaître tandis qu'elle passait le pain de savon sur sa peau, ignorant la douleur que pouvait causer ce contact contre sa peau meurtrie par endroits. Nour avait donné et reçu des coups lors de ces derniers jours, et le bronze satiné de son épiderme était marbré de plaque jaunes, vertes et bleues, striés de rouge aussi. Voilà que la fille de l'archiviste était semblable au support qu'aurait utilisé un peintre pour défaire ses pinceaux du surplus de peinture. Bien heureusement pour la jeune femme toutes ces traces auraient bientôt disparues, elle s'estomperaient totalement d'ici une semaine ou deux. Peut-être garderait-elle quelques cicatrices de certaines de ses estafilades, mais elle les porterait avec fierté, elles les avaient gagnées en se battant pour le Khan légitime, et aucune ne la défigurait. Et surtout elle était vivante, on ne pouvait pas à en dire autant de ceux et celles qui avaient dû se confronter à sa lame.

Oui, elle avait tué durant ces derniers jours, en fait depuis la prise de la cité par les armées du jeune Khan. Elle avait pris des vies, dire que cela ne l'avait pas affecté serait faux, mais Nour n'en était pas traumatisée pour autant. Est-ce qu'elle avait trouvé la chose agréable ? Non, pas vraiment. Est-ce qu'elle regrettait de l'avoir fait ? Toujours non, elle s'était battue pour ses conviction et le fait qu'elle soit en vie prouvait bien qu'elle était dans le vrai en plus d'être plus forte que les idiots qui s'étaient frottés à elle. Et puis la Variage ne se faisait guère d'illusions, soit c'étaient eux qui y passait, ou alors c'était elle. Et elle ne tenait pas à rejoindre ses ancêtres si tôt, et surtout pas couverte de l'opprobre d'être tombée pour avoir fait preuve de faiblesse. On peut dire qu'elle s'était vite fait à l'effet que cela faisait, en même temps elle n'avait pas le luxe de pouvoir tergiverser indéfinément sur son acte, son poid, ses justification et tutti quanti. C'était tuer ou être tuée, ce qui est fait, est fait, et elle vivait bien avec au final. Quelle culpabilité ou regrets pourraient-elle éprouver pour avoir défendu justement sa vie ? Pour avoir été plus forte que tout ceux dont le sang avait souillé sa lame ? Aucun.

Une fois propre et habillée de frais la jeune femme avait fait comme ses aînés, s'effondrer sur son lit sans cérémonie et dormir près d'une journée entière sans interruption. Son corps récupérant des derniers jours. Lorsque Nour avait ouvert les yeux, réveillée par la faim, elle s'était levée encore fourbue et aguarde pour faire cesser les tiraillements dans son estomac. Ce n'est qu'une fois avec quelque chose de solide dans le ventre qu'elle put se dire qu'elle se sentait bien, revivre un peu même. Les jours qui suivirent furent bien plus calmes pour la jeune femme, et plus propices à ce qu'elle récupère entièrement. Songül prit un moment sa fille à part, pour brosser la masse noire ébouriffée et emmêlée qu'était la chevelure de sa dernière née. La peignant doucement et patiemment, comme elle le faisait des années auparavant lorsque son enfant était plus jeune, assise à nouveau aux pieds de l'épouse du Maître Archiviste. Savourant ce moment privilégié entre mère et fille, un instant rare. Nour ne disait rien et ne bronchait pas alors que les dents du peigne en ivoire défaisait un à un les noeuds de sa chevelure, lui redonnant petit à petit son aspect soyeux et brillant.

La jeune femme mit ces jours à profit pour tendre un peu l'oreille aux bruits qui couraient sur le nouveau Khand. Il y en avait de toutes sortes, des vraiment farfelus et délirants, et d'autres qui même déformés par le bouche à oreille semblaient nettement plus plausibles.  Et enfin, certains étaient vérifiables, comme le fait qu'il ait affranchi les esclaves ayant combattus lors de la prise de la cité. Nour trouvait la chose bienvenue, il reconnaissait la force avant la naissance même si certains maîtres allaient certainement grincer des dents. Et aussi qu'il organisait trois jours et trois nuits de festivités dans toute la cité pour célébrer sa prise du pouvoir, et effectivement une semaine après la fin des derniers combats entre les partisans des deux Khans les festivités s'ouvraient sur un pompeux défilé militaire dans les rues d'Ammu Khand et sur des combats publiques en Arène.

Et au soir de cette première journée de fête, alors que les chants et les rires étaient toujours aussi hauts dans l'air frais de la fin du jour, ricochant sur tous les murs de la cité comme pour célébrer la fin de quatre longues décennies de troubles et saluer le début d'une ère nouvelle, Fatih et toute sa famille se rendirent au palais assister au banquet auquel toute la noblesse Variag avait été conviée. Après les jeux de l'Arène voilà que les jeux de Cour commençaient, et eux ne cesseraient pas au premier sang. Et le jeu commençait par le paraître, et c'est bien conscients de cela que toute la petite famille s'était mise sur son trente-et-un et s'était apprêté soigneusement. Nour avait fait tresser ses cheveux de jais en agencement complexe, se permettant un peu plus d'audace et de liberté que sa mère dont les mèches grises, les rides aux coins de ses yeux et de sa bouche, poussaient à plus de contenance et de prestance. Il en allait de même pour leur tenues, droite et sage pour Songül, aérienne et espiègle pour Nour qui portait à sa taille ses dagues d'apparat, qui bien que clinquantes avaient le fil de leur lame aussi aiguisé que les autres. Simple mesure de prudence.

Nour était au côté de ses frères et de son père, scrutant avec eux les visages de la foule, beaucoup étaient familiers pour avoir combattus ensemble, d'autres étrangers, certainement des hommes du Khan. En parlant du loup, le voilà justement qui approchait de Fatih, le saluant d'un poing sur le coeur, la jeune femme en profita pour détailler son visage alors qu'elle le voyait enfin de près. Et il n'y avait rien de décevant chez lui, il était plus grand que tous les convives masculins, les traits de son visage étaient harmonieux et nobles, le port de sa tête, tout dans son attitude dégageait une fierté et un charisme implacable. Il avait véritablement l'allure d'un roi, et un roi qui se sait roi même sans couronne pour ceindre sa tête et ce depuis le jour de sa naissance. Ses deux yeux d'émeraudes brillaient d'intelligence et de combativité. C'était bien un Khan qui se trouvait près d'elle.

-En effet, il s'agit de ma dernière née, Nour.

Et tout en soutenant le regard émeraude perçant du souverain, la jeune femme lui offrit elle aussi un salut Variag. Un sourire tout aussi charmeur sur les lèvres.

-Votre Altesse.
Mar 25 Sep - 22:59
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▌FT. : Khan des Variags
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Localisation: Ammu Khand
Troupes armées:
Kherû
Le vieil homme, qui ne le savait pas encore mais était d’ores et déjà devenu l’un des puissants du Khanat, confirma le lien de parenté. Kherû entendit bien la réponse mais il ne s’en rendit pas compte, le regard de la jeune femme l’hypnotisant complètement. Il remarqua également les dagues de cérémonie finement ouvragés. Des armes sublimes et pratiques. Il se demanda un instant si elle s’en était déjà servie.

Lorsque l’on est soit même un tueur, on reconnais facilement ses semblables. La jeune femme portait le danger comme d’autres portes le châle. Sans conteste elle avait dû prendre des vies et sans doute cela ne l’empêchait pas de dormir.
Elle parla enfin. Deux simples mots, respectueux mais sans obséquiosité. C’était comme un vent de fraicheur en plein désert, dans cette pièce ou beaucoup aurait volontiers lécher les bottes du nouveau Khan pour se voir octroyer un statut social. Kherû détestait déjà cette hypocrisie. Il avait voulu le pouvoir, il l’avait pris. Il ne s’était pas abaisser à supplier pour se le faire offrir.

- Kherû. Appelez-moi Kherû.

Puis il sembla se souvenir soudainement de la raison première de sa venue.

- Fatih. Vous avez déjà beaucoup fait pour le Khand mais j’ai besoin de vous car notre plus grande tâche est devant nous. Prendre le pouvoir est chose facile lorsqu’on a l’âme bien né. Mais le gardé et le maintenir est un autre exercice. L’heure des épées n’est plus, il nous faut désormais combattre par l’esprit.

L’homme lui lança un regard perplexe, visiblement curieux de savoir ou le Khan voulait en venir.

- J’ai donc décidé de m’entourer des grands esprits. Je fais de vous mon Wazîr. Considérer vous comme étant libre pour les deux jours de fêtes restant mais ensuite, nous nous mettrons sérieusement au travail.


A aucun moment il n’était venu à l’esprit du conquérant que l’homme ai pu refuser. D’ailleurs, il aurait bien été incapable de se souvenir de la dernière fois ou on lui avait dit non.

D’autant plus que l’archiviste ne dit pas non. Il promit de trouver un nouveau maître archiviste digne de la tâche et cette première réflexion ravit le Khan qui n’y avait pas lui-même pensé.

- Vous avez toute ma confiance sur ce sujet. Les connaissances anciennes sont importantes et elles doivent être préservées. Trop souvent le Khand s’est retrouver divisé, il nous appartient de lui offrir une histoire commune qui l’unifiera pour toujours.

Et il eut un sourire plein d’humour, assez paradoxal sur ce visage qui avait ordonné tant d’atrocité.

- Mais assez parler de chose sérieuse pour ce soir. Vous êtes tous invitez à ma table, c’est la digne place de mon bras droit. Et si j’avais une dernière faveur à demander…

Il se tourna à nouveau vers Nour.

- Me feriez-vous le privilège de vous assoir à mes côtés ? Nombre de personne ici ne vois en moi qu’un parti à marier. Si la plus belle femme présente daigne passer la soirée en ma compagnie, alors les autres comprendront qu’il est inutile de venir m’importuner pour de vains ronds de jambes.

Elle accepta, visiblement amusée et le petit groupe se dirigea vers la table du Khan. C’était la plus vaste de la pièce mais assez peu de personne y avait pris place si bien qu’il fut aisé de trouver une place aux convives impromptues.  Kherû présenta Fatih comme étant son nouveau Wazîr et l’ancien archiviste reçu de sincères félicitations. Les gens présent autours de cette table était des proches du Khan, des amis sincères qui ne cherchait plus à assoir leur propre position depuis longtemps.

Surtout, ils n’étaient pas surprit par le choix du jeune souverain. A chaque nouvelle conquête, il s’était empressait de trouver un administrateur compétent pour gérer ses affaires en son absence. Avec un pouvoir fermement délimité pour assurer son propre contrôle du Khanat mais également avec assez de liberté pour ne pas avoir d’envie sécessionniste.

Le repas commença pour de bon et rapidement la table fut pleine de victuailles. Il y avait des plats que l’on aurais pu voir sur toutes les tables de la terre du milieu mais d’autres étaient plus exotiques. Chameaux, serpents, rhinocéros du Khand, buffles des steppes du Rhun, le tout accompagné de tous les légumes que l’on pouvait faire pousser à l’est du Gondor.

L’alcool n’était pas en reste bien que le vin fut médiocre. Il était difficile d’en trouver du bon en ces contrées et les marchands du Dorwinion ne se risquait que rarement en ces terres que l’on disait sauvage. Kherû lui, se contenta de boire de l’aïrag, un alcool de lait de jument qu’il avait appris à apprécier durant ses années d’exode, lorsqu’il ne devait dormir que d’un œil.

Durant le repas, rare furent les moments ou son attention se détourna de Nour. La voix de la jeune femme était une douce musique à ses oreilles. Sous son physique avantageux se cacher un esprit brillant et indépendant. Kherû se prit à penser qu’il aurait voulu que toutes les femmes du Khand soit  à l’image de celle-ci et que son peuple n’en aurait été que plus fort. Lui-même avait grandi sans figure paternelle mais jamais sa propre mère n’avait ployé le genou ou montrée un signe de faiblesse.

Le banquet s’allongé déjà depuis quelques heures lorsque le Khan décida qu’il s’était assez fait voir. Aussi, il se pencha vers Nour, restant à distance suffisante pour ne pas être offensant mais assez proche pour qu’elle seule entende.

- Je suis las de cette assemblée. M’accompagneriez-vous pour une balade ? J’ai eu le temps d’apprendre les dédales du palais par cœur et il y a une galerie en haut des tours sud d’où la vue est magnifique la nuit. Si vous me promettez de me faire visitée ma capitale plus tard, je vous montrerais ce spectacle en échange !

Elle accepta et ils se levèrent, s’éclipsant aussi furtivement que possible. Malgré cela, plusieurs regards se posèrent sur le Khan et sa nouvelle protégée. Des regards parfois accompagné de sourire bienveillant ou satisfaits… Mais plus souvent de regards noirs et jaloux.
Mar 25 Sep - 23:14
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▌INSCRIT LE : 10/08/2018
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▌GROUPE : Variag
Nour
Les yeux bruns de la jeune femme étaient pris dans l'abîme émeraude de ceux du Khan, dans un instant qui s'éternisait et qui semblait exclure le reste du monde, qui semblait se réduire à un arrière plan flou et lointain. Un moment bref, mais bien présent.

Eh bien voilà qui rompait avec les ronds de jambe et les jeux habituels de l'étiquette, ce que l'on se préparait généralement à vivre lorsque l'on pénétrait dans des lieux de pouvoir, en particuliers lors de ce genre d’événements. C'était très agréable, et Nour n'allait pas se faire prier pour répondre à cette demande.

-Comme vous le souhaitez, Kherû.
Répondit-elle avec un joli petit sourire amusé et peut-être un peu charmeur.

Puis l'attention du souverain se porta de nouveau sur le Maître Archiviste, après tout c'était lui qu'il était venue voir en premier lieu, pas sa fille, aussi charmante soit-elle. Il n'était guère surprenant que Fatih ait droit à une preuve de la reconnaissance du Khan, le vieil homme avait grandement oeuvré pour la prise de la ville et préparer la voie pour qu'il s'assoit sur le trône sans trop de vagues. Enfin pas plus que nécessaire. Il avait préparé le terrain pour son arrivée, et ce depuis des années, le Variag était certainement son plus fidèle partisan dans toute la capitale. Cela personne ne pouvait le nier sans faire preuve de mauvaise foi. Mais la proposition du Khan, enfin on pouvait plus parler de décision que de proposition, était bien au dessus de tout ce qu'on aurait pû espérer. Wazîr, rien que ça ! L'archiviste aurait crû que ce poste reviendrait à un des hommes qui suivait le jeune Khan depuis le début de sa quête, pas qu'il s'en plaigne mais c'était toujours assez surprenant. Le souverain devait avoir ses raisons, et quels que soient ses objectifs Fatih comptait bien l'aider à les réaliser.

-Vous me faites un très grand honneur, mon Khan, j'accepte avec joie et je vais faire en sorte que ma succession au poste de Maître archiviste soit assurée au plus tôt.

Voilà un événement que la famille de Fatih allait très certainement célébrer en grande pompe plus tard, il semblait que la saison soit aux grands changements bienvenus pour eux. Et elle ne faisait que commencer.

Le jeune Khan échangea encore quelques mots avec son Wazîr, qui comprit très vite, tout comme sa fille et très certainement ses garçons et son épouse, que l'on parlait de l'écriture d'un roman national, il n'avait pas élevé des idiots après tout. C'était une bonne initiative, classique mais efficace et Fatih savait très bien comment procéder, et le plus beau dans tout ça c'est que si le travail était bien fait il n'y aurait même pas à détruire de documents, juste à revoir quelque peu le classement pour mettre en avant ceux voulus. Et puis l'attention du jeune souverain revient sur Nour, comme si au fond elle ne l'avait jamais vraiment quitté et que le reste des personnes présentes autour s’effaçaient.

Le jeune femme eut un petit sourire face à la flatterie du Khan, ce début de flirt l'amusait grandement et ne lui déplaisait franchement pas. Alors elle n'hésita pas longtemps, en fait pas du tout.

-Vous me flattez, ce serait avec plaisir que je vous rendrais ce service, il serait criminel de vous laisser dans une telle détresse à la merci des griffes des marieuses. Répondit-elle les yeux pétillants de malice et un sourire taquin sur ses jolies lèvres.

Durant le repas à la table du Khan la jeune Variag entra très rapidement dans une discussion animée alors que l'on pouvait croire au fil des heures qui passaient qu'une corne d'abondance se déversait sur la table, les plats s'enchaînaient à la suite des autres dans des quantités gargantuesques. Et l'alcool coulait à flot, même si Nour après avoir grimacé en prenant une gorgée de vin et constaté que l'odeur de l'araig ne l'enthousiasmait guère avait décidé de ne pas s'enivrer ce soir. Peut-être plus tard, en rentrant chez eux pour célébrer la nomination de Fatih lorsque l'on sortirait l'eau de vie à la poire, mais pas là ce n'en valait pas la peine. Au bout de quelques heures Kherû se pencha vers Nour pour lui proposer de s'éclipser avec lui pour admirer la vue depuis le haut des tours sud. Apparemment il pensait connaître en moins d'un mois tous les passages et raccourcis du palais, elle demandait à voir. Elle hocha en signe d'assentiment la tête avec un sourire malicieux et suivi le Khan sous la pluie de regard qu'on leur lançait inévitablement. La jeune femme n'en avait cure, qu'ils regardent ce qu'ils désirent, elle ses yeux noisettes étaient posés sur Kherû et personne d'autre.

Nour le laissa la guider dans le dédale de couloirs et d'escaliers, sans rien dire du fait qu'elle connaissait les lieux par coeur pour les avoir arpenté des centaines, des milliers de fois enfant alors que son père l'emmenait avec elle lorsqu'il venait travailler dans la bibliothèque du palais. A force elle en avait une carte mentale très précise et elle se rendait très bien compte, et sans surprise que Kherû ne connaissait qu'une petite partie des passages. Ce n'était en rien étonnant il était présent dans ces murs depuis peu de temps et avait certainement bien d'autres choses à faire que de se balader pour connaître par coeur le moindre couloir, le moindre passage dérobé. Ainsi ils atteignirent les tours sud en prenant le chemin des écoliers,même s'il n'y avait que Nour pour en être consciente et qu'elle se gardait bien de tout commentaire, une idée de plaisanterie ayant germé dans son esprit et elle perdrait toute sa saveur si elle informait le Khan de sa méconnaissance des lieux. Un moyen de s'amuser tout en le taquinant gentiment, rien de méchant.

-Que diriez vous d'un petit jeu ? Prenons chacun un chemin différent et voyons qui arrive en premier au sommet, et le perdant aura un gage à la discrétion du vainqueur.

Honnêtement, il n'avait aucune chance de gagner, mais ça il ne le savait pas. Et il aurait difficilement pu le savoir avant de perdre. Et dès qu'il accepta il était fichu, Nour ne se pressa aucunement et birfuqua dès que possible à gauche avant d'emprunter un couloir dissimulé, elle se déplaçait avec aisance dans le capharnaüm des passages et elle arriva sans surprise la première au sommet. Ne restait plus qu'à attendre la pauvre victime de sa farce.

En tout cas il ne se méprenait pas sur la beauté de la vue nocturne alors que la lune baignait le monde dans une lumière argentée. On voyait la ville qui s’étalait de ses murs ocres et aux couleurs chaudes au pied du palais, les feux de joie sur les places brillants comme des phares dans la cité telles des braises perdue dans la cendre. L'air frais caressait doucement le visage des deux Variag tout en faisant courber la végétation à l'extérieur de la ville, qui offrait alors un paysage mouvant d'ombres. Et si cette fois Nour ne dit rien c'était pour admirer pleinement la vue qui s’étalait devant elle, jamais elle n'avait eu l'occasion de profiter d'une vue nocturne pareille, et pas depuis ces tours.
Ven 28 Sep - 18:09
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▌FT. : Khan des Variags
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Localisation: Ammu Khand
Troupes armées:
Kherû
Lorsque la belle Variag lança son défi, Kherû ne put refuser. Le jeu lui semblait objectivement bien trivial mais il était un homme fier et un refus aurait pu passer comme un aveu de faiblesse, aussi il accepta aussitôt, observant avec délice la jolie brune s’éloigner de lui par un corridor annexe.
Il s’élança aussitôt, changeant d’itinéraire pour prendre le trajet le plus cours qu’il connaissait. Le palais était vaste et il traversa nombre de couloirs et de pièces aux murs nus. Peu de temps avant, ils étaient garnis de décorations luxueuses aux gouts de l’ancien habitant des lieux.
Il y avait eu des tableaux représentant Bekter ou sa famille, des statues le montrant dans des scènes de batailles glorieuses réelles ou fictives.  Dès sa prise de pouvoir, Kherû avait tout fait retirer, y compris les bannières cousues de fil d’or représentant les anciennes armoiries de l’usurpateur.
Il avait même hésité à les faires détruire, dans une envie soudaine de faire disparaitre tout ce qui rappeler le temps de son exil. Mais en homme sage il s’était raviser, désireux de préserver l’histoire de son peuple. Peut-être cela pourrait-il lui éviter les mêmes écueils à l’avenir.

L’ancienne décoration était donc entasser dans les sous-sols du palais et les étages supérieurs étaient pour l’instant tristement nus, le nouveau Khan n’ayant pas encore eu le temps de faire venir de nouveaux peintres ou sculpteurs.
Il atteignit enfin son objectif,  l’une des plus belles vues du palais. En vérité, la seule la surpassant se trouver sur sa terrasse personnelle, dans ses appartements, situer plus haut encore.

La surprise du jeune prince fut totale lorsqu’il aperçut la forme sculpturale de la jeune femme, appuyée sur la rambarde et en pleine contemplation du paysage. La nuit était chaude mais un doux vent venait la rafraichir et en cette saison, les Variags avaient de toute façon l’habitude des tenues légères.
Il s’approcha de la jeune femme, ne pouvant décrocher son regard de cette silhouette menue. Il approuver une étrange attirance pour elle. En 40 ans de vie dont la moitié passé à diriger, il avait connu bien des femmes. Parfois pour une nuit, parfois pour quelques temps. Mais elles n’avaient jamais été plus qu’une distraction, un passetemps. Nour était différente. Depuis qu’ils s’étaient éclipsé tous deux, il se sentait comme plus léger. Le poids du destin qu’il avait toujours sentit sur ses épaules semblaient s’être évaporer, au moins pour le moment. Et même si pour l’instant il éprouver contre elle un début de colère, résultat d’un égo blessé d’avoir était battu, il n’en montra rien, bien trop conscient que ce n’était là qu’un excès de fierté.

- Il me semble avoir été victime d’un complot. Visiblement, vous n’en êtes pas à votre première visite. J’aurais dû m’y attendre… Vu le travail de votre père. Il me faudra donc me plier à votre demande lorsque le moment viendra !

Elle lui répondit par un sourire charmeur avant de se replonger dans sa contemplation silencieuse. Il vint s’installer à ses côtés, profitant de la brise et de la vue. Des échos de fête montait jusqu’aux tours alors que la ville était éclairée par les différents feux. Le peuple était visiblement heureux et cela lui procurait un sentiment de réussite mais aussi une cohorte de doute. Le plus difficile était devant lui.

Ils restèrent ainsi de longues minutes, appréciant simplement la présence de l’autre. Puis le Khan prit la parole, parlant d’une voix douce et pleine d’amertume.

- C’est étrange. Lorsque j’ai vu les remparts de la ville au loin, j’avais le sentiment d’être de retour après une longue absence. Je suis né ici, dans ce palais. Je dors dans le lit ou ma mère m’a mis au monde. Pourtant, maintenant que j’ai repris la capitale… Je me sens étranger dans ma propre citadelle.

Il resta un instant silencieux et Nour se lui répondit que cela viendrait surement avec le temps. Sans doute avait-elle raison.
Il lui sourit et un éclat étrange passa dans son regard émeraude puis il se secoua, comme s’il sortait de ses propres songes.

- Il se fait tard, dame Nour. Et je me dois de d’être présent aux arènes dès l’ouverture, il parait que les meilleurs champions d’Ammu Khand seront présent. Ce serait manqué à leur honneur que de ne pas venir assistée à leurs prouesses. Vous joindrez-vous à moi ? Cela me ferait grand plaisir.

Elle accepta volontiers et il lui dit qu’il enverrait quelqu’un la cherchée chez son père le lendemain matin. Puis il la salua à la façon des Variags et s’inclina légèrement.

- Merci pour cette soirée, Nour. Vous êtes… Inspirante.

Et sans plus d’explication sur le fond de sa pensée, il fit volteface et disparu dans les couloirs du palais. L’écho de ses pas se fit de moins en moins audible avant de disparaitre.
Ven 28 Sep - 19:27
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▌INSCRIT LE : 10/08/2018
▌VOTRE AGE : 19
▌GROUPE : Variag
Nour
Le Khan ne tarda pas à la rejoindre sur la terrasse et il ne mit pas non plus longtemps à comprendre qu'il s'était fait dupé dans les grandes largeurs, et aisément avec ça. Complot.. complot… Comme il y allait, il ne s'agissait que d'une innocente petite plaisanterie, qui pouvait-elle s'il n'avait pas posé les bonnes questions aux bons moments ? Et puis il n'était même pas blessé, à part son orgueil qui devait être un tantinet égratigné, il valait toujours mieux ça qu'un coup de couteau dans les côtes ou dans les reins.

Elle offrit un joli sourire charmeur et innocent, dont la candeur était fermement démentie par l'étincelle pétillante et scintillante de malice dans ses iris. Les frères de Nour trouveraient que le jeune Khan s'en tirait plutôt bien pour le moment avec les espiégleries de leur jeune soeur, bon il faut dire que leurs critères étaient grandement influencés par un catalogue s'étallant sur trente ans des facécies de leur cadette, et qu'à eux quatres ils en avaient parfois vu des vertes et des pas mûres. Pour nuancer la chose ils leur étaient parfois arriver de participer activement.

Et il ne semblait pas garder rancune de ce petit tour à ses dépends, Kherû ne mit pas longtemps à la rejoindre pour partager avec elle la vue nocturne sur la cité, en silence. Il sembla à Nour que sa simple présence à ses côtés rendait la vue et le moment encore plus beaux, et que le sentiment de paix qui accompagnait cette contemplation se sublimait dans sa poitrine pour faire naître un bien-être qui la submergeait. Elle se sentait complète, comme si durant toute sa vie, la jeune Variag avait vécu avec un vide en elle dont elle ignorait jusqu'à l'existence, et qu'il se comblait enfin avec sa rencontre avec Kherû. La laissant pour la première fois véritablement entière. C'était un sentiment délicieux et magique, plus enivrant et doux que les eaux-de-vie de fleurs sucrées au miel, et la fille de l'Archiviste désormais Wazîr n'avait aucunement l'intention de le gâcher en s'interrogeant dès maintenant dessus. Elle voulait en profiter pleinement, qui sait s'il ne disparaîtrait pas d'un coup alors qu'elle voudrait le saisir comme de la fumée.

Le silence serein fut rompu par la voix du souverain au bout de longues minutes,si elle était douce le fiel coulait de chacun de ses mots. Comme le pus pouvait couler d'une plaie ou des douleurs fantômes se manifester autour d'une vieille blessure, pour montrer qu'elle n'avait jamais vraiment était soignée. Et là il s'agissait d'une très vieille blessure, qui datait du premier jour de sa vie alors qu'il poussait ses premiers cris. La douleur d'avoir dû vivre en exilé dès cet instant, spolié de tout ce qui lui revenait de droit et contraint de se battre à chaque instant pour récupérer miette par miette son héritage. La morsure profonde et répétée de ne pas avoir de véritable foyer et de savoir qu'un étranger occupait le lieu qui aurait dû tenir ce lieu. Le mal de l'exilé, de l'apatride. Bien sûr que la plaie laissée s'infectait, et qu'elle ne guérirait pas immédiatement.

Nour ne dit rien durant quelques instants, elle voulait être certaine que Kherû n'avait plus rien à dire, qu'il avait exprimé ce qu'il désirait. Mais aussi pour respecter cet instant de vulnérabilité qu'il venait de partager, alors qu'il serait si facile de le blesser profondément avec quelques mots acérés et acides. Se montrer ainsi, vulnérable, était une marque de confiance extrême chez les Variag, et si Nour ne savait pas ce qu'elle avait put faire pour la mériter elle l'acceptait et faisait en sorte de ne pas la trahir. Aussi, quand elle fut certaine qu'il n'ajouterait rien elle pris la parole, d'une voix douce et calme.

-Se sentir chez soi quelque part n'est souvent qu'une question de temps, si vous décidez qu'ici est votre foyer alors une fois que vous le connaîtrez, il le deviendra. Mais il faut toujours un peu de temps pour cela.

Cette réponse dut convenir au jeune souverain car il lui offrit un sourire qui trouva écho dans celui de la jeune femme, alors que l'éclat dans les iris émeraude faisait battre son coeur plus vite dans sa poitrine. Un instant enivrant… Qui prit fin lorsque Kherû pris congé pour la soirée, sans manquer cependant de venir assister avec lui aux combats dans les Arènes le lendemain, lendemain qui n'allait certainement pas tarder à devenir aujourd'hui au vu de l'heure. Et Nour accepta, sans faire plus de cas, ravie même.

Un sourire amusé se forma sur ses lèvres alors qu'il la quittait sur ses derniers mots. Inspirante, eh bien, c'était un choix très particuliers de mot, mais pas dépourvu de charme, à moins que ce soit celui qui l'avait prononcé qui le lui donnait, et Nour n'avait pas de souvenir qu'on lui ai déjà dit une chose semblable. Venant de Kherû elle voulait bien le prendre sans discuter comme un compliment, avec le plaisir qui allait avec. Elle resta encore quelques instants sous la brise fraîche de la nuit avant de reprendre le chemin vers la salle du banquet,elle aussi allait devoir se lever tôt si elle accompagnait le Khan, et si elle rentrait maintenant mieux valait prévenir toute sa petite famille pour éviter qu'ils ne s'inquiètent ou ne construisent quelques scénarios délirants.

Sans surprise l'aube vient vite, beaucoup trop vite au goût de la jeune Variag, mais il faut dire qu'elle n'avait jamais trop été du matin. Aussi c'est en grognant et en pestant contre le Soleil qui ne savait décidément pas venir au bon moment que Nour se leva pour se préparer, sa toilette acheva de la réveiller et rompre le jeûne de la mettre d'une humeur plus avenante. Le reste de la maisonnée dormait encore, exception faite des esclaves, qui eux trimaient depuis bien avant le lever du jour, et de Fatih que sa fille devinait dans son bureau au rais de lumière des bougies qui passait sous sa porte. Il devait déjà se préparer à assurer sa succession à son poste de Maître Archiviste. Contrairement à la veille la jeune femme était vêtue avec moins de fastes, même si sa tunique ne manquait pas d'élégance et trahissait aisément sa naissance noble, sa chevelure d'ébène avait été arrangée en une simple natte qui tombait dans son dos et se balançait élégamment à chacun de ses pas. Et les dagues à sa ceinture étaient bien moins clinquantes et ostentatoires que celles d'apparat qu'elle portait la veille.

Comme promis une escorte vient effectivement la chercher et l'accompagner jusqu'à la loge du Khan dans les Arènes. Elle salua Kherû d'un sourire et d'un poing sur le coeur et de prendre la place qui lui proposait alors que les combats allaient commencer. Ils observèrent ensemble les premiers combats avec intérêt, même si les pensées de Nour ne se détachaient jamais vraiment de Kherû. Ce qu'elle voyait la faisait réfléchir et rapidement elle voulut vérifier quelque chose. Jamais elle n'avait vu de ses yeux Kherû dans un combat à main armée, elle avait évidemment eu des retours de ses exploits. Mais les faits n'étaient jamais de première fraîcheur et sans aucun doute déformés, et la jeune Variag avait très envie de voir de quoi était réellement capable le Khan.

-Je pense que j'ai trouvé mon prix pour la victoire de la veille, j'aimerais beaucoup vous voir combattre dans l'Arène.
Ven 28 Sep - 19:32
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▌FT. : Khan des Variags
▌INSCRIT LE : 24/06/2016
▌VOTRE AGE : 29
▌GROUPE : Numénoréen

Carnet personnel
PO: 13.370 PO
Localisation: Ammu Khand
Troupes armées:
Kherû
Les toutes premières lueurs de l’aube étaient à peine visible sur l’horizon lorsque Kherû quitta son lit, appréciant la fraicheur précèdent le lever du jour qui faisait naitre des frissons sur sa peau nu. Il passa rapidement un peignoir de satin qu’il referma pour couvrir son intimité avant de se rendre sur son balcon.
Depuis qu’il avait investi des lieux, c’était devenu un rituel. Il se levait seul et s’installait la, profitant de la vue magnifique dans la lumière renaissante.
Le Khand était un vaste pays de grandes steppes à la végétation basse laissant place à des jungles si dense qu’il était impossible d’y tracer un véritable sentier. La vision de cette ensemble de paysage créé un melting pot de couleur et de textures qui n’était appréciable que depuis les hauteurs du palais. Mais alors que le Vaisseau Soleil faisait renaitre le jour sur le monde, Kherû n’appréciait pas autant cette sublime vision qu’à son accoutumé. Ses pensées erraient plutôt jusqu’à la ville, plus précisément jusqu’au logement d’une femme dont le visage semblait s’être imprimé sur sa rétine.

Lorsque la lumière eut totalement chassée l’obscurité, une esclave fit son apparition, portant un plateau de fruit qu’elle déposa sur une table non loin de Kherû. Il ne lui adressa pas même un regard, complètement absorbé par ses réflexions. Les rumeurs de la ville reprirent vie petit à petit, alors que dans chaque maison ou entamait les travaux du jour et qu’une odeur de pain en cuisson commençait à s’élever vers le ciel.

Lorsque le Khan se décida enfin à aller faire sa toilette, il remarqua pour la première fois la corbeille de fruit et se reprocha de n’avoir pas remarqué la venue de la jeune esclave qui lui servait de servante personnelle. Il n’était pas un maître tyrannique aimant profiter de sa position de façon sadique. Pour lui, les faibles devaient obéissance aux forts et en échange, les forts se devaient de diriger les faibles. Une mentalité toutes Variags qui n’avait fait que trouver son écho dans les origines de la lignée d’Eruhîn. En tant que descendant de Numénor, il se devait de guider les êtres de lignage inférieur. C’était l’ordre naturel des choses.
Après avoir avalé rapidement quelques fruits, il se dirigea vers ses thermes personnels pour y trouver son bain, un véritable petit bassin en vérité, prêt à le recevoir. Il fit sa toilette lui-même mais ne refusa pas l’offre de sa servante de l’aider à coiffer son abondante chevelure. La jeune femme y tressa plusieurs fils d’or mêlée aux cheveux noirs du souverain, créant des reflets dans l’épaisse toison.

Il enfila ensuite des vêtements de lin aux motifs complexes et coloré. Des brodures d’or apporter du luxe à ces apparats finalement simple. Plusieurs bijoux en or vinrent compléter le tout et il finit par ceindre sa couronne,  en vérité un simple tiare en or incruster de joyau qui disparaissait presque dans la crinière du Khan, si bien qu’il avait pris l’habitude de le porté assez bas sur le front.

Une fois ainsi apprêté, il se mit en route pour les arènes, aussitôt suivi par une escorte de ses meilleurs hommes et femmes.  Un autre détachement se mettrait également rapidement en route pour l’endroit où vivaient le Wasîr et sa famille, conformément aux ordres du Khan.
Il avait pris place dans sa loge depuis dix minutes à peine lorsque Nour fit son apparition. Elle le salua et lui sourit et il eut aussitôt l’impression qu’une ombre venait de se retirer du monde et que le soleil brillait enfin avec toute sa force.

«  Merci d’être venue. Il y a ici de l’eau fraiche, des fruits et quelques pâtisseries venues droit du palais. N’hésitez pas à demander ce que vous voulez, vos désirs seront comblés comme s’ils étaient les miens. »

« Je vous remercie de votre générosité, mais, vous vous proposez souvent de combler ainsi tous les désirs des femmes que vous rencontrez ? »

Elle l’avait dit d’une voix parfaitement innocente mais son regard plein de malice contredisait son timbre et le Khan eut un éclat de rire.

« Absolument pas. Il faut croire que vous êtes exceptionnelle. Ou que cela m’arrange bien de me servir de vous pour rendre les autres jalouses. Croyez la version que vous préférez. »

Et il répondit à son sourire malicieux par un bref clin d’œil. Puis le maître des jeux entra au centre de la lice, annonçant le début de cette nouvelle journée de tournoi.
L’arène d’Ammu Khand était la plus vaste de tout le territoire Variag. Immense construction de forme circulaire, ses gradins était couvert par de larges tentures pour protéger la population du soleil. Divers spectacles pouvaient s’y dérouler mais ceux ayant le plus de succès était clairement les combats ou chacun venait gagner de l’or et de la gloire, espérant parfois se faire remarquer par de puissants seigneurs en quête de gardes d’exceptions.

La loge du Khan était légèrement surélever pour avoir une vue parfaite sur l’ensemble du terrain et un petit escalier descendait directement jusque dans l’arène, pour les jours ou le Khan ou l’un de ses invités désirerait participer aux jeux. De manière général, plus le Khan l’utiliser souvent, plus il était aimé de son peuple. Particulièrement s’il ne le remontait que victorieux, sans quoi sa légitimité risquée d’être rapidement remise en question.

A ce jour, Kherû ne l’avait encore jamais utilisé mais son arrivée était encore trop nouvelle pour qu’on lui en tienne rigueur, surtout au vu des évènements récents.
Les premiers combattants entrèrent dans l’arène, tous eurent droit à une présentation du maître des jeux. La différence de bruit provenant des gradins à l’évocation d’un tel ou d’un tel permis à Kherû de rapidement comprendre qui étaient les favoris. L’un d’entre eux était un véritable colosse. Plus grand que ne l’était le Khan lui-même, il était surtout autrement plus épais et large. C’était un véritable roc, si bien que le souverain se demanda même s’il ne s’agissait pas la de l’un de ces fameux demi-troll des terres du Harad voisin, bien qu’il ait toujours considérer l’existence de pareils êtres comme relevant du mythe.

Dès les premiers combats, il parut certain que le colosse finirait assez facilement sur le podium, probablement sur sa plus haute marche. Il était surprenant d’agilité malgré sa masse et lorsque son adversaire parvenait à le désarmée, il se contentait de l’assommé à main nu. C’était prodigieux à voir et rapidement Kherû sentit une sorte de feu naître au fond de son cœur. Il se souvenait lui-même de ses joutes dans l’arène et du plaisir que l’on prend à voir l’autre être vaincu. Nour ne fut que l’élément déclencheur qui déversa sa soif du combat jusqu’au fond de son être.

« Je pense que j'ai trouvé mon prix pour la victoire de la veille, j'aimerais beaucoup vous voir combattre dans l'Arène. »

Il se tourna vers elle et sa beauté l’émerveilla encore. Si bien qu’il eut une réaction toute masculine lorsqu’elle lui fit part de son envie de le voir combattre. Il ne pouvait pas et ne voulait pas refuser, sachant que l’estime et l’intérêt qu’elle semblait lui porté en aurait souffert. D’autant plus qu’il avait une très haute opinion de ses propres prouesses guerrière et qu’aucun être jusqu’à maintenant ne l’avait fait trembler en un contre un.

« J’ai dit que vos désirs seraient comblés. Et ils le seront, dès le prochain tour. »


Et il se concentra alors d’autant plus sur la lice. L’avenant souverain avait disparu de son regard, laissant place à la lueur féline du combattant. Un seul adversaire était envisageable pour sa première bravade dans l’arène. S’il en avait choisis un autre, on y aurait vu une reconnaissance de sa propre infériorité. Aussi il observa et étudia les gestes de son futur adversaire avec précision, cherchant comment le vaincre.

Le tour prit fin et le colosse, qui se nommait Hêrak, fut logiquement déclarer vainqueur. En vérité il n’eut même pas besoin de gagner son dernier combat. Son adversaire se déclara forfait, si bien que le champion de la matinée ne semblait pas même fatigué.

Devant la déception de ce dernier combat avorté, le maître des jeux fit un appel général, demandant qui accepterait de combattre le champion en duel. C’était là l’occasion habituel de s’illustrer mais personne ne semblait vouloir s’y risquer, jusqu’au moment où une voix puissante retentit, se déclarant volontaire. Tous les regards se tournèrent vers la loge ou Kherû avait déjà commencé à dégrafer le haut de sa tunique, ne voulant pas abimer ses beaux atours. Une rumeur d’excitation naquit dans les gradins lorsque tous comprirent que le Khan lui-même était à l’origine de ce défi. Celui-ci retira sa tunique et se retrouva torse nu, dévoilant un corps sculpter par des années d’errance et de guerre et couvert de cicatrices en tout genre, dont certaines se trouvant dangereusement près des organes vitaux. Eruhîn avait échappé de peu à la mort, plus d’une fois.

Il se tourna vers femme qui avait pris place à ses côtés.

« Je me battrais donc pour vous, dame Nour. Laissez-moi faire couler le sang de ce mastodonte en votre nom. »

Et il tendit la main, paume vers le haut. Souriant, la jeune femme décrocha le fourreau de l’une de ses dagues et la déposa dans la main du Khan, comme le voulait la tradition Variag. Ce dernier fixa le fourreau sur sa propre ceinture et sourit.

« Plus que la bénédiction de Mêlekô, c’est l’image de votre sourire qui soutiendra mon bras. »


Puis il se dirigea vers l’escalier menant sur la lice, non sans faire un signe à l’un de ses gardes. Ce dernier tira son épée courte et la lança à son Khan, avant de faire de même avec un bouclier.

Faisant quelques moulinets comme pour s’échauffer, Kherû disparut dans la coursive avant de réapparaitre sur le sable, quelques secondes plus tard. Une ovation éclata à son apparition et il leva son épée en signe de salut.

Lorsqu’il fut à quelques pas d’Hêrak, ce dernier prit la parole.

« Salutation seigneur ! Combien de temps voulez-vous que je combatte ? »

Une stupeur soudaine mais brève apparut sur le visage du prince.

« Qu’entends-tu par la, Hêrak ? Je crains que tu ne te déshonore en me proposant de truquer notre combat. »

Ce fut au tour du colosse et du maître des jeux de paraitre surprit. Ce dernier prit alors la parole à son tour.

« Et bien messire… Disons que depuis l’arrivée de votre prédécesseur, nombres de nobles préfère… Disons… Payer quelques deniers pour être sûr de vaincre, afin de ne pas prendre le risque d’un mauvais spectacle… Ou d’une perte de réputation. »


Le Khan entra soudainement dans une fureur noire. Son regard se durci et un œil aguerri aurait vu son corps se tendre, comme s’il retenait difficilement sa colère.

« Est-ce dont la ce qu’est devenu mon peuple entre les mains de ces chiens ? Un ramassis de lâche et de tricheur ? Je suis Eruhîn, maître du Khand et élu de Mêlekô ! S’il est ici un homme osant croire que je pourrais acheter ma victoire, je répandrais ses entrailles sur le sables de l’arène et jetterait sa carcasse en pâture aux fauves. Hêrak, bat toi comme si ta vie en dépendait car si jamais je n’ai pas l’impression que tu essai réellement de me vaincre, sois sur que tu la perdras. Un Variag se doit d’éprouver sa force. Un Khan se doit d’être victorieux ou de mourir en essayant de l’être. Ce combat ne prendra pas fin au premier sang. Il prendra fin quand l’un de nous reconnaitra sa défaite ou mourra. Est-ce clair ? »

Le maître des jeux et le guerrier professionnel se frappèrent le cœur du poing, le colosse arborant un grand sourire.

« Cela serait une mort glorieuse que de mourir sous vos coups, mon Khan. Mais plus glorieuse encore serait ma victoire. »

Et les deux opposants s’éloignèrent un peu, alors que l’un des fanions de l’arène était abaisser et remplacer par un autre, signalant le changement des règles pour ce combat. Le silence se fit alors dans l’arène. Cela faisait des décennies qu’un membre de la caste dominante n’avait pas mis ainsi sa vie en jeu dans une joute. Alors un Khan…

Mais alors que les premiers échanges de coups se faisaient, tous comprirent qu’il n’y avait plus de Khan dans l’arène. Il y avait deux hommes ayant grandi au creuser du combat, deux guerriers qui ne craignait ni de tuer ni de l’être. Tous deux se battaient avec une épée courte et un bouclier mais le colosse disposait d’un avantage de portée, dépassant Kherû d’une bonne tête et demi.

Malgré cela, le Khan jouer jeu égal, parant ou bloquant chacun des assauts de son adversaire, profitant également de sa taille moindre pour passer sous le bras du colosse. Cette danse macabre dura plusieurs minutes sans que personne ne prennent le dessus et sous le soleil approchant de son midi, les combattants arrosèrent bientôt le sable de sueur, à défaut de sang.

Au terme d’une passe intense, ils s’éloignèrent de quelques pas, se tournant autours et s’observant. Le reste de l’arène n’existait plus. Nour elle-même avait disparu des pensées du Khan. Le tueur en lui avait pris le dessus et tout son esprit était désormais focaliser sur sa tâche. Et il ne doutait pas qu’il en était de même pour son adversaire. C’était une excitation intense, une véritable drogue, cette décharge d’adrénaline lorsque l’on sait sa vie en danger. Et elle l’était, Kherû le savait. Se rendre ne faisait pas parti de ses habitudes et l’issue du combat semblait incertaine.

Il se relança à l’assaut, aussi soudainement que possible. Hêrak réagit promptement mais avec un léger retard. Son bouclier se leva mais pas assez vite pour contrer la lame. Alors, profitant de cet élan il continua son mouvement en direction du Khan.

L’épée de Kherû trouva la chaire de son adversaire, lui transperçant un flanc avant de glisser sur les côtes. Dans le même temps, le bouclier du colosse vint frapper le torse du Numénoréen, la violence du choc lui coupant le souffle et le propulsant. Le Khan retomba lourdement sur le dos, le choc amortit par le sable.
Il se releva d’un bond agile avant de grimacer de douleur. Une longue habitude l’informa qu’au moins une de ses côtes avait souffert du choc
Surtout, il était désarmée, ayant lâché son épée sous l’impact. Elle était encore enfoncer dans le flanc d’Hêrak et un flot de sang rouge couler sur la cuisse du géant. Une blessure douloureuse et impressionnante mais sans doute pas suffisante pour arrêter un monstre pareil.

Kherû commençait à croire que l’homme avait réellement du sang de troll. D’autant plus que ses traits étaient particulièrement disgracieux.

« Vous êtes un combattant farouche mon Khan, et je suis heureux de vous savoir à la tête du Khand. Mais vous devriez arrêter ici. »

« Pourquoi ? Ce n’est pas moi qui me vide de mon sang. Crois-tu qu’une épée m’est forcément nécessaire pour mettre à bas une simple armoire ? »


Il eut un sourire féroce et l’autre s’esclaffa, prenant visiblement plaisir à ce combat. Cela faisait longtemps qu’on ne lui avait pas ainsi tenu tête et pour lui non plus la victoire n’était pas très sûre.

Retirant l’épée fichée dans son flanc, il la jeta au loin dans le sable et s’approcha. Le flanc du Khan commençait à prendre une teinte violacée témoin de sa blessure mais l’adrénaline annulée l’effet de la douleur.

Il s’approcha également de l’autre et dans un geste gracile, dégaina la dague de Nour qu’il portait toujours dans son dos. Dans le même geste, il trancha les sangles de son bouclier avant de propulser se dernier droit sur le visage de son adversaire. Celui-ci fut pris de court et sa blessure l’empêcha de réagir à temps si bien qu’il le prit en plein visage et son nez et sa pommette se brisèrent dans un craquement lugubre.

Plus important, l’assaut impromptu l’aveugla un bref instant… Qui fut suffisant pour Kherû. Tenant toujours fermement la dague, il se jeta sur son adversaire et frappa. Une vie de combat et d’automatisme musculaire firent que son coup se porta droit vers le cœur du géant. Mais il le dévia au dernier moment, son esprit de Khan reprenant brièvement le dessus. Cet homme avait trop de valeur pour mourir dans une arène.

Le poignard s’enfonça jusqu’à la garde et cette fois-ci le géant lâcha un râle de douleur… Mais resta sur ses jambes. Son bras puissant saisit Kherû à la gorge et le souleva, sa poigne de fer s’abattant sur la trachée du souverain alors que l’autre bras  s’apprêter à portée un coup violent sur la tempe du Khan.
Mais celui-ci était toujours le plus rapide et sa dague vola de nouveau, tranchant en profondeur l’avant-bras qui tentait de l’étouffer. Dans un nouveau râle, Hêrak lâcha sa prise et Eruhîn se laissa tomber au sol, profitant de l’élan pour enfoncer la dague dans la cuisse du géant qui s’effondra enfin, colorant le sable de pourpre par ses diverses blessures.

A bout de souffle et de force, Kherû tenait fermement son arme.

« Abandonne. Tes blessures sont graves mais tu n’es pas encore condamné. Ta jambe ne supportera plus ton poids sans soin et tu te vide de ton sang. Reconnais le, que je puisse faire venir mon médecin et sauver ta vie, ô combien précieuse pour mon Khanat ! »


Le jouteur observa quelques secondes son Khan et un air de satisfaction passa sur son visage. Il leva le bras main ouverte en signe d’abandon, avant de laisser sa tête retombée sur le sable.

Alors il y eut comme une explosion. Du moins, ce fut très semblable. Après des minutes à retenir leur souffle, les Variags laissèrent soudain jaillirent leur joie, scandant le nom de Kherû.

Le Khan leva les bras en signe de victoire, ressentant l’ivresse de celui qui vient de vaincre. Il resta ainsi plusieurs secondes, voulant prendre le temps de se nourrir des ovations de son peuple. Puis il ramassa son bouclier et son épée, avant de se diriger vers sa loge. Il remonta lentement les marches, son flanc le faisant souffrir. Mais lorsqu’il apparut aux yeux de Nour, il se tenait droit et avait déjà repris une bonne partie de son souffle.

Il tendit l’épée et le bouclier au garde qui les reçut avec orgueil, comme si leur valeur venait soudainement de tripler. Puis le Khan se dirigea vers son siège, ordonnant à son médecin venu s’enquérir de lui d’aller soigner Hêrak en priorité.

Puis il tendit le poignard encore sanglant à Nour.

« Voici un de vos désirs exaucés, ma Dame. J’espère avoir été digne de votre nom. »

Il avait légèrement accentué le mot « ma », sans même s’en rendre compte. Malgré la douleur, il sourit.

« Et vous me devez encore une visite privée de la ville. »
Ven 28 Sep - 22:45
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▌INSCRIT LE : 10/08/2018
▌VOTRE AGE : 19
▌GROUPE : Variag
Nour
La réaction du jeune Khan ne se fit pas attendre, sans surprise il accepta le défi, de toute façon il n'était clairement pas homme à se défiler face à un combat. Et dès cet instant Nour vit des changement s'opérer chez Kherû, alors que l'attention du souverain se portait sur le combat et son futur adversaire, celle de Nour s'en était totalement détournée pour se focaliser sur lui. Sur l'éclat dans ses prunelles qui avait changé, devenant acéré et vif, ne perdant pas une miette du spectacle, il était clair que son esprit notait le moindre détail, échafaudait une stratégie pour saisir les lauriers de la victoire au colosse favori. Déjà ses muscles semblaient se tendre sous l'attente du combat.

Dans le sable brûlant de l'Arène le combat tournait court, l'adversaire d'Herâk venait de déclarer forfait ce qui laissait un sentiment de frustration frémissant dans les gradins, il voulait du spectacle et voilà que l'on en privait. Le Maître des Jeux en conséquence lança un traditionnel appel au volontaire pour affronter le vainqueur qui attendait, et qui reçut un silence éloquent, visiblement tous les potentiels combattants se sentaient échaudés par les derniers exploits du Goliath et préféraient rester confortablement installés dans les gradins. Enfin, tous sauf un, ne manquant pas à son engagement Kherû se porta volontaire d'une voix forte et assurée, enlevant déjà sa tunique pour aller se jeter dans le combat. Et la vision offerte de ce torse sculptés par des années de combats, marqués par de multiples cicatrices comme autant de preuves de sa bravoure, de son acharnement et de sa force même face à la Mort, qui s'étaient dangereusement approchée de lui à plusieurs reprises. Rien que pour elle, Nour ne regrettait pas sa demande, et le feu agréable dans son bas ventre.

En comprenant que son Khan allait descendre dans le sable pour affronter le favori du moment, la foule frémit et s'agita, mais d'impatience cette fois. Il voulait du spectacle, il voulait de l'excitation, il allait être servi. Et pas qu'un peu. Certains devaient déjà être en train de prendre les paris, et les côtes devaient être serrées.

Sans discuter Nour accepta de donner sa bénédiction au Khan, après tout c'était un peu elle qui l'envoyait affronter la montagne de muscles en bas, et elle se plia bien volontiers à la coutume détachant avec un sourire une de ses dagues et son fourreau à sa ceinture pour les déposer dans la main du Khan, comme le voulait la tradition avec un sourire. Et décidément, cet homme savait manier les mots et viser juste…

Lorsque Kherû se montra dans le sable de l'Arène une ovation euphorique résonna dans tous les gradins, le spectacle était très prometteurs. Et durant quelques minutes le colosse et le Khan parlèrent, sans que personne qui ne fut pas à leurs côtés ne puisse savoir ce qu'ils se disaient, mais l'issue fut qu'alors que les deux combattants partaient se placer chacun d'un côté du terrain les fanions changèrent annonçant que le combat n'était plus jusqu'au premier sang. Non, désormais il était jusqu'à la mort, ou jusqu'à l'abandon d'un des participants.

Un frisson glacé traversa l'échine de Nour, la transperçant jusqu'à la moelle alors que le morceau de tissus funeste volait au vent et qu'un vacarme dissonant, euphorique et enthousiaste résonnait dans l'Arène. C'était idiot d'avoir peur ainsi, idiot et irrationnel de craindre ainsi pour la vie de Kherû. Il avait dû affronter bien pire durant ses années d'errance, et puis s'il ne survivait pas à ce combat il ne méritait pas sa place de Khan et avait simplement eu un coup de chance monumentale face à Bekter. Et pourtant, une partie d'elle même ne pouvait s'empêcher de frisonner et de se ronger les sangs tandis que ses yeux ne quittaient pas la silhouette de Kherû.

Le combat qui suivi fut dantesque, digne de figurer dans les annales, une danse macabre et haletante se déroulait sur le sable de l'arène. Durant plusieurs minutes, de très longues minutes, un statut quo régna entre les deux guerriers, les coups s'échangeaient sans qu'aucun ne porte, le soleil approchait de son zénith dans le ciel. Et la chaleur de plomb venait se rajouter à la lourde chape qui pesait sur les épaules de Nour, droite dans la loge toute son attention braquée sur le ballet mortel. Et puis, d'un coup, comme un éclair, Kherû se jeta sur le colosse, et c'est un sang rouge et épais qui vient tacher le sable brûlant à leurs pieds. Le sang d'Herâk, blessé aux côtes par la lame de l'épée de son adversaire. Un brouhaha s'éleva soudain dans les gradins. Au moment où le sang coulait de la plaie du Goliath le bouclier de ce dernier venait rencontrer le Khan pour le projeter au loin, son épée encore enfoncée dans la chair du géant, sur le sable bouillant sur lequel il rebondit sur le dos. Nour tressaillit, son coeur se serrant violemment dans sa poitrine. Mais il se releva prestement, d'un bond agile, pas encore hors-combat, désarmé. Il ne lui restait plus que la dague de Nour dans son fourreau.

Un combattant désarmé, l'autre grièvement blessé, et aucun ne semblant prêt à hisser le drapeau blanc. L'affrontement n'était pas terminé loin de là.

Le colosse retira l'épée de son flanc, la lame gluante et dégoulinante d'un sang carmin, pour la jeter au loin dans le sable. D'un pas félin le Khan s'approchait de lui, dégainant la dague de la jeune Variag pour trancher les sangles de son propre bouclier, et le lancer tel un disque vers le visage d'Herâk, qui ne put pas l'esquiver, pris de court, et le reçut en pleine face. Profitant de la distraction qu'il avait lui même créer, Kherû se jetta sur le géant, pour frapper de la dague près du coeur du géant, et un râle de douleur s'éleva depuis la fosse. Et pourtant, il restait droit sur ses jambes. Saisissant Kherû par la gorge pour le soulevant au dessus du sol, le coeur de Nour manqua un battement, il allait asséner un coup à la tempe du souverain. Les choses semblaient sur le point de se terminer malgré l'obstination combative du Khan. Mais dans un vif éclat métallique sous le zénith la lame de la dague de Nour vient à nouveau entailler la chair du géant, cette fois dans son avant bras. Et sa morsure acérée et profonde fit lâcher prise au colosse. Et le jeune Variag, bénit cette lame pour avoir ainsi sauvé la mise au Khan, Melekô soit loué. En chutant, Kherû en profita pour lacérer la cuisse de son adversaire, désormais couvert de sang. Un sang qui teintait le sable tout autour de lui alors qu'il s'effondrait enfin au sol.

Durant un moment les deux hommes restèrent ainsi, à se regarder en chien de faïence avec, sans doute parlèrent-ils mais à nouveau ce qu'ils se dirent il n'y avait qu'eux pour l'entendre. Et ce n'est qu'une fois que le colosse leva sa main en signe d'abandon que Nour put de nouveau reprendre son souffle. Et soudain, ce fut comme si un grondement de tonnerre annonçant une grande tempête tonnait dans toute l'Arène, on scandait le nom de Kherû, on hurlait et célébrait la victoire du Khan, la beauté du combat. Et au milieu du terrain, Kherû triomphait, et savourait la gloire qui venait le couronner de lauriers sous le soleil au zénith au milieu d'une marre de sang. Du grand spectacle, le Khan venait d'offrir à nouveau à son peuple une démonstration de sa force. Nour applaudissait elle aussi, elle avait vu ce qu'elle voulait et, à l'instar des Variags dans les gradins, elle avait grandement apprécié ce qu'elle avait vu.

Nour eut un sourire amusé à la réplique du Khan alors qu'il regagnait sa place dans la loge, après avoir envoyé son médecin s'occuper du colosse qu'il avait assez salement amoché. Elle saisit sa dague, encore chaude d'être restée dans les mains de Kherû et poisseuse du sang d'Herak, l'essuyant soigneusement avec un tissus tout en lui répondant.

-Plus encore, vous venez de lui apporter un éclat nouveau.

Il venait tout juste de sortir d'un combat intense et éprouvant, il n'avait pas été loin d'y passer, son médecin ne l'avait pas encore vu qu'il pensait déjà à aller gambader ailleurs, eh bien… Bon, une petite visite touristique c'était toujours plus calme, sauf mauvaises surprises, qu'un combat à mort dans l'Arène face à une montagne de muscles. En fait ce serait une agréable balade, un bon moyen de décompresser.

-Effectivement, que diriez vous de nous retrouver vers… Disons cinq heures aux jardins de Kore, dans des tenues plus… discrètes ?


Les jardins de Kore étaient frais dans la fin d'après-midi, l'eau coulait doucement dans les canaux qui irriguaient les lieux. Nour attendait sur un banc de pierre sous un pin, l'odeur piquante de la sève dans les narines, le clapoti de l'eau qui courait dans les canaux dans les oreilles avec le brouhaha des festivités. On jouait du oud plus loin, les rires et les chants résonnaient doucement entre les arbres, ricochaient contre les feuilles et les brins d'herbes comme des échos lointains. C'était un des lieux les plus calme dans la capitale, même durant les festivités. Un bon endroit pour commencer une visite avant de se jeter dans le magma vivant et déchaîné de la cité euphorique. La jeune femme avait passée une de ses tunique d'entraînement, simple, légère, en coton dans une teinte clair, sans ornement ni fioritures, elle était aussi quelque peu usée, et n'avait rien qui pouvait attirer l'attention au final. Elle même ne portait rien qui pouvait le faire, pas de bijoux ou de maquillage, pas que ça serve à grand chose en vérité, les descendants de numénoréens se remarquent très facilement.

En voyant Kherû arriver, toujours aussi majestueux même dans les habits simples qu'il portait; Il était grillé dès le premier regard, pas de doutes possibles sur sa naissance noble, Nour le salua d'un sourire éclatant et d'un signe de la main, attendant qu'il vienne la rejoindre.

-Je suis contente de vous revoir, vous n'avez pas eu trop de mal à trouver ?

-C'est un plaisir partagé. Je me suis fais indiquer le chemin par un garde du palais avant de lui faire promettre de garder ça pour lui. Mais ne vous éloignez pas trop, je crois bien que j'aurais le plus grand mal à retrouver mon chemin en sens inverse.

Le jeune femme eut un petit sourire amusé, il risquait salement de se perdre c'était certain.

-C'est normal dans une ville inconnue, et ne vous inquiétez pas, je ne vous lâcherai pas d'une semelle, je ne tiens pas à devoir expliquer à mon père que je vous ai perdu quelque part en ville.

Elle guida le jeune homme dans les ruelles de la villes, labyrinthe d'escaliers, de rues étroites et serpentantes, passant sous des porches dont certains semblaient avoir vu la construction de la cité. Nour les faisaient délibérément passer par des passages assez isolés et peu fréquentés, prendre de grandes allées avec les festivités était le meilleur moyen de se retrouver séparer, et aussi de péter un plomb vu la forte concentrations de citadin, passablement éméchés, qui se rassemblaient dans les rues principales. Il fallait jouer des coudes en permanence si on voulait avancer. Et l'itinéraire qu'elle lui faisait prendre réservait sa part de merveilles aussi, des bas reliefs antiques dont on trouvait des fragment sur certaines habitations, des peintures aux couleurs passées par le temps sur le mur mais dont les sujets pouvaient encore être admirés. A un moment elle le fit même passer par une petite cour aménagée en jardin avec un oranger et un olivier, un rosier grimpant et des plants d'herbes aromatiques embaumant les lieux. Et ils finirent par déboucher dans le bazar couvert de la ville. Un des lieux à l'activité commerçante la plus active de la cité, même aujourd'hui il y avait encore beaucoup d'échoppe ouvertes.

-Le bazar couvert, si vous voulez quelque chose, n'importe quoi, du service à thé au sachet d'épices de l'Harad en passant par les animaux domestiques ou sauvages, c'est ici.

Elle le guida dans la forêt de stands, du quartiers des épices qui s’étalaient dans toutes leurs couleurs et leurs senteurs, au point que la tête pouvait tourner et le nez s'engourdir, à celui des animaliers où on venait à être soulagé que l'odorat ne soit pas encore totalement recouvert, dans les cris et les jappements des animaux proposés. Et dans le quartier des potiers et des verriers, véritables plaisirs pour les yeux, sans manquer de passer devant les fameuses échoppes des marchands de tapis, aussi bien réputés par la beauté de leur produits que leur sens de la négociation. On ne gagnait jamais avec eux.
Ven 28 Sep - 22:55
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